Canard PC débunke Linky avec un argumentaire qui vaut la peine

Quand on ne sait pas de quoi on parle, comme l’article est passablement fouillé, on y apprend des tas de choses, comme le fait que Linky n’émet que très peu d’ondes et qu’en réalité l’essentiel se fait via CPL à basse fréquence pour une plus longue portée et c’est le concentrateur du quartier qui communique en GSM. Ce que moi-même j’ignorais, me référant dans mes propos à ce qui se fait dans d’autres pays, tel le Canada où là chaque compteur est sans fil (probablement en raison des éloignements). Comme mon article sur les idiots du compteur intelligent que j’ai écrit un jour de grand énervement contre ces débiles qui s’il s’étaient présentés à moi ce jour-là ce seraient mangés une mandale.

Un excellent article donc…

Grosse erreur sur les énergies renouvelables

A noter que dès la première page il y a une connerie monumentale et très largement partagée dans les esprits qui dit que le nucléaire est une énergie constante alors que les énergies alternatives sont « par nature » fluctuantes…. or c’est précisément le contraire ! Les ENR sont une source fiable et stable, avec une bien plus grande réactivité que le nucléaire, tout bonnement parce que, précisément, cette fluctuation continue de la source d’énergie impose le stockage de l’énergie et donc la capacité de la restituer à tout moment avec un effet immédiat que le nucléaire n’a pas.

Une connerie monumentale qu’il faut impérativement débunker à tout prix, ce que je vais m’empresser de faire avec ma pédagogie et ma douceur empathique habituelle (ben ouais, c’est pas de ma faute si je suis incapable d’être faux-cul, comme Canard PC avec les hystériques du Linky : « j’en ai rencontré et c’est pas des illuminés, ragnagna… », navré, je ne peux pas, c’est plus fort que moi).

Voilà que mon ca connard de PC me fait dire n’importe quoi, c’est encore ce fichu clavier avec ma connexion aléatoire, la combinaison des deux n’est jamais bonne. Faut faire avec.

Tout réside dans les investissements

Avec le nucléaire on a investi dans une puissance installée suffisamment importante pour assumer les pics. Avec les ENR on va devoir investir dans les dispositifs de stockage pour rendre la source d’énergie aussi régulière et réactive que possible. De sorte que le nucléaire peut assumer de gros pics deux ou trois fois par jour avec une grande amplitude de production énergétique avec énormément de pertes. Alors qu’avec les ENR on pourra assumer des mini fluctuations à la seconde près avec des pertes minimes et une puissance installée la moitié plus faible.

Ainsi, avec le nucléaire, pour produire suffisamment d’énergie, quelques heures avant les pics, on pousse les centrales, qui ont un temps d’inertie, puisqu’elles sont d’énormes bouilloires et l’énergie augmente progressivement, alors que le réseau n’en a pas forcément besoin. Dans cette période, on déleste le surplus, qui peut se présenter de diverses façons. On le vend sur le marché international, on pompe de l’eau dans les retenues des barrages hydroélectriques (on remplit les lacs artificiels, quoi). En hiver on chauffe des réserves de chauffage urbain, etc., …Ou on balance purement et simplement l’électricité dans la Terre pour s’en débarrasser. Puis survient le pic, qui consomme cette puissance, tout l’art de la prédiction résidant dans la décision de produire autant que possible pour ne pas manquer à ce moment-là mais surtout pas plus que nécessaire pour limiter le gaspillage. Puis on diminue l’intensité des centrales qui diminue progressivement et on recommence le délestage jusqu’à atteindre le creux avant un nouveau pic..

Avec le renouvelable, pour éviter d’en installer des masses juste pour répondre aux pics… on abolit les pics de production, on nivelle la consommation pour qu’elle soit aussi constante que possible.

Un hystérésis des pics de consommation moindre pour le renouvelable

Pour illustrer, disons que si on prend une échelle de 1 à 10 de consommation, jusqu’à aujourd’hui, nous avions une consommation de 4, très ponctuellement de 3 voir 2 en été, avec des pics à 6 ou 7 aux heures des repas et pouvant atteindre 9, voir 10 en hiver avec les chauffages en plus. Le nucléaire doit donc couvrir toute la plage et comme il suffit de presser un bouton pour produire l’énergie, on gaspille simplement le surplus en tentant de l’exploiter tant qu’à faire se peut. Pour répondre aux pics, il suffit d’avoir ce qu’on appelle « la puissance installée », qui n’est pas égale à la puissance consommée, mais bien supérieure. Et là on voit que l’hystérésis entre le plus bas et le plus haut est immense, de 2 ponctuellement à 10 ponctuellement.

Avec Linky, on va faire que le max à atteindre sera 7 et le minima sera 4, de sorte que la puissance installée est beaucoup plus faible et le délestage bien plus réduit, voir aboli, le pic étant assumé non pas par la puissance installée seule, mais aussi par la puissance stockée.

Ainsi, avec cette puissance installée, l’été, quand la consommation est à 3, voir 2, on va utiliser le Delta entre la puissance installée et la puissance consommée non pas pour délester, mais pour constituer des réserves d’énergie (recharger des batteries, produire de l’hydrogène qui sera reconverti dans des piles à combustible, remplir des réservoirs d’eau, pomper de l’air comprimé, etc.). De fait, avec une puissance installée de production d’énergie renouvelable la moitié de celle du nucléaire, lorsque les pics à 7 sont atteints (et tout le monde sait que c’est à l’heure du repas qu’arrivent les pics à 7), la puissance installée en ENR n’atteint que 5 et les 2 points qui manquent sont apportés par les réserves d’énergie.

Des gros consommateurs maîtrisés

…Ainsi on a une puissance installée la moitié moindre qu’avec le nucléaire pour la même efficacité. A condition de pouvoir gommer les pics pour éviter d’atteindre 9 ou 10, parce que là, la puissance disponible n’existe plus. Et c’est là que le smart grid entre en jeu, qui permettra le démarrage retardé des gros consommateurs, que les lave-vaisselle, lave-linge, sèche-linge, cumulus, ne démarrent pas tous en même temps au même moment. Au lieu que les cumulus chargent pendant la nuit, on les allumera la journée au moment où il n’y a pas assez de consommation, de sorte qu’ils ne s’allumeront pas au moment où il y en a trop. Les lave-vaisselle seront pleins et démarreront quand on leur dira et pas tout de suite après le repas. On le remplit, on va se coucher, le lendemain la vaisselle est propre.

Ce sont les appareils qui sont équipés pour communiquer avec Linky, par CPL. La norme est relativement récente, il y a 15 ans la question de les équiper pour utiliser le réseau GSM s’était posée, mais ça c’était avéré bien trop compliqué et incertain. Cela impliquait d’être dans une zone de couverture et il fallait bien que quelqu’un paie les données tout au long de la vie de l’appareil, il aurait fallu surtaxer la consommation, c’était aberrant, alors on a préféré le CPL et que ce soit le compteur qui commande. Beaucoup sont déjà prêts à recevoir le signal, éventuellement une simple mise à jour si nécessaire, mais les gens ne le savent pas, parce que comme le smart grid se met progressivement en place et que les compteurs intelligents sont en cours d’installation, la fonction n’est pas utilisée. Dans dix ans, tous les gros électroménagers auront été remplacés, les cumulus sont déjà connectés sur des récepteurs depuis l’époque du double tarif et le smart grid gommera les pics en bouchant les creux. Les investissements à consentir pour basculer dans les ENR seront alors la moitié moindre que ceux consentis pour le nucléaire.

Il manque un truc

Canard PC parle juste vaguement d’un « shunt » pour mesurer l’intensité (la consommation quoi), sans trop entrer dans le détail. Vu la foultitude d’autres détails fastidieux et strictement sans intérêt pour le lecteur que contient l’article sauf à ce qu’il soit aussi féru de technique que l’auteur, on ne pourra au moins pas se dire que c’est un manque de compétences.

Non, ça doit être fait exprès, genre : « tiens, je vais me contenter de parler shunt, ça va les frustrer », c’est plus didactique.

Pourquoi je dis ça ? BEN PARCE QUE C’EST IMPORTANT ! Mais POURQUOI est-ce que c’est si important que ça me direz-vous ? Eh bien, ça l’est parce que figurez-vous que selon une équipe néerlandaise qui s’est amusée à tester les compteurs de différents pays dans leur cuisine, c’est parce que notre compteur calcule la consommation en mesurant l’effet Hall.

Un petit détail technique qui fait que nos compteurs sous-estiment notre consommation réelle, si ! Après des décennies d’énergie nucléaire sous-tarifée, avec des compteurs étalonnés à la sous-estimation, voilà-t-y pas qu’on nous offre encore des kilowatts à la pelle.

Merci EDF

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