GPA : IVG, avortement, mariage gay, PMA, adoption gay, mêmes peurs, mêmes croyances, même combat…

La GPA suscite l’émoi. Alors que des milliers et des milliers de GPA de part le monde se produisent de plus en plus fréquemment, il suffit que l’une ou l’autre se passe mal pour qu’on l’a prenne à témoin pour démontrer toute l’horreur de la chose. Et tant pis pour celles qui pensent le contraire et qui représentent comme de juste la grosse majorité, le web est émaillé de témoignages de mères porteuses heureuses. Tout ceci alors que la GPA ne relève rien de moins que de la liberté individuelle, tant que les droits de l’enfant ne sont pas compromis. Par le passé, exactement les mêmes  arguties, les mêmes archaïsmes, ont dû être combattus aussi bien pour le droit de vote des femmes que l’abolition de la peine de mort, l’IVG ou la contraception.  

La vérité est que d’ici peu la GPA sera aussi normale que toutes ces choses que les bigots arriérés  moralistes qualifient de violation des valeurs et, le cas échéant, de « marchandisation du corps ».

« Je suis accro à la grossesse. » 

Certaines femmes sont prêtes à « louer » (chèrement) leur ventre. Mais faut-il autoriser le recours aux mères porteuses ?

Que chacun se mêle de ce qui le regarde

Je ne comprends même pas que certains puissent se sentir autorisés à se poser la question, sur quels fondements ils se basent pour s’estimer légitimes à décider à la place des autres ce qu’ils doivent faire pour eux-mêmes. C’est du même ordre que pour l’IVG, qu’ils se mêlent de leurs oignons ! Seuls comptent les droits de l’enfant et la GPA n’en viole absolument aucun.

Donc en ce qui me concerne, c’est entre les parents biologiques et la mère porteuse que ça se passe, tant que les droits de l’enfant sont pleinement garantis et que la mère porteuse est pleinement consciente et volontaire. La GPA en tant que telle ne me concerne pas, chacun fait ce qu’il veut avec son corps tant que ça ne menace pas la société.

D’un point de vue ethique, la GPA n’est ni morale ni immorale, elle est ammorale. D’un point de vue déontologique, elle ne compromet en rien l’exercice professionnel des différents acteurs puisqu’elle n’induit aucun irrespect de l’humain ou mise en danger.  D’ailleurs, aux USA il s’en produit des centaines et ça va très bien.

Si l’adoption n’était pas un tel parcours du combattant… ça ferait moins de malheureux et les parents seraient moins nombreux à chercher à recourir à la GPA.

Le comité d’éthique n’est pas d’accord

C’est vrai, le comité d’éthique n’a pas du tout la même vision que moi de la chose, qu’il considère comme une exploitation de la misère. Or, précisément, de ne plus s’opposer à la GPA (je ne dis même pas légaliser, parce que je n’arrive pas à comprendre que quelqu’un puisse s’estimer autorisé à devoir la permettre, qui est exactement la même démarche intellectuelle que de s’imaginer autoriser à l’interdire, c’est juste de l’impudence) revient à éviter cette exploitation de la misère puisqu’alors il n’est plus nécessaire de chercher la solution dans la clandestinité, un problème bien connu par des millions de femmes avortées dans le monde et chez nous jusqu’à ce qu’enfin on leur permette d’exister au grand jour.

On me reproche souvent mon « indifférence ».  je ne vois pas où on peut voir de l’indifférence dans mon propos puisque, précisément, il s’agit de préserver les droits des uns et des autres ainsi que ceux de l’enfant. Sans compter que l’avis d’un quelconque « comité d’éthique »… Je rappelle qu’il en était de même à l’époque de l’inquisition ou un « comité d’éthique » décidait de ce qui était chrétien de ce qui ne l’était pas. Ça ne rendait pas ces gens plus intelligents pour autant.  Le fait même que le comité d’éthique se permette de régir le ventre des femmes démontre à quel point il y a un sérieux problème de liberté individuelle sur la question. C’est par exemple ce même comité  « d’éthique » qui est à l’origine de la Loi Léonetti et donc qui s’oppose de facto à l’euthanasie, faisant de la France un des pays développés les plus arriérés en la matière. Il est toujours assez curieux de constater que ce qui est moral ailleurs ne l’est pas en France et donc que le reste du monde est immoral. Il n’y a donc rien « d’éthique » dans leurs décisions qui sont commandées par des visions judeo-chrétiennes passéistes et restrictives.

Donc tout ne va pas de soi

C’est juste que ceux qui s’y opposent ont une vision arriérée de la société, comme la Manif pour Tous sur l’IVG ou le mariage gay. Que les gens se mêlent de ce qui les regarde et les problèmes qu’ils décrivent ne se produiront pas puisque alors il ne sera plus nécessaire de faire les choses clandestinement en exploitant la misère de gens qui n’ont pas le choix.

Nos sociétés occidentales, à l’instar de bien trop d’autres encore aujourd’hui, ont bien assez connu les femmes qui avortaient clandestinement, pour le plus grand bonheur des bigots et le plus grand malheur de celles qui devenaient alors des victimes et de l’ensemble de la société qui en subissait les conséquences.

D’interdire l’IVG n’a jamais apporté quoi que ce soit de bon à qui que ce soit, que du malheur. Il en va de même pour l’euthanasie, qui elle non plus qu’elle soit interdite n’a jamais fait le bonheur de qui que ce soit. A contrario, l’avortement légalisé et l’euthanasie légales, partout où ces pratiques sont autorisées, ce sont de vraies avancées. Il en va de même pour la GPA, que des prétendus moralistes à deux balles veulent réprimer et pousser à la clandestinité, pour les mêmes raisons bidon que celles qui ont réprimé l’IVG et l’euthanasie durant tous ces siècles.

Tout n’est pas rose évidemment

On l’a vu, certaines le vivent mal, c’est indiscutable.  Mais on peut en dire autant de l’IVG et de l’euthanasie. Elle l’ont mal vécu, et alors ? Des tas de gens vivent très mal leur travail, au point de se suicider, on ne l’interdit pas pour autant.

L’IVG, l’euthanasie, l’interdiction de l’IVG et de l’euthanasie, aussi, créent des tas de témoignages de gens catastrophés. Les uns parce qu’on a mal mesuré les conséquences d’avoir euthanasié le membre de leur famille, les autres parce qu’on n’a pas mesuré les conséquences de ne pas pouvoir euthanasier le membre de leur famille malade, qui éprouve tout le monde en même temps que lui-même.

…La belle affaire… c’est juste un témoignage ou quelques témoignages, rien de plus. La réalité est que des milliers de femmes ont loué leur ventre plusieurs fois et gagné des centaines de milliers de dollars avec ça alors qu’elles étaient très pauvres. Et grâce à elles des milliers de familles ont pu avoir un enfant biologique. Parce que, à la différence de l’enfant adopté ou de la PMA, les parents biologiques de l’enfant né d’une GPA, sont ses parents, pas la mère porteuse, qui ne fait que développer le fœtus et mettre au monde l’enfant.

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