Il faut dépénaliser toutes les drogues

Le gouvernement français a décidé de mettre à l’amende les fumeurs de joints, il ne veut pas dépénaliser.

Complètement absurde, une politique non seulement très très coûteuse, mais aussi parfaitement inefficace en plus de générer de la criminalité.

Oui, c’est l’Etat, par sa traque acharnée contre les trafiquants qui génère les trafics et la criminalité latérale induite.

Edit : Konbini nous livre justement une interview en 4 parties d’un dealer en prison qui n’a rien d’un criminel, les deux premières parties sont parues, les suivantes seront ajoutées par la suite : partie 1 « il faut sortir du cliché du dealer sans foi ni loi » , partie 2 « la politique répressive génère de l’inégalité et de la violence »

Dépénaliser, c’est réduire l’intérêt financier de la drogue

Au-delà du cannabis, toutes les drogues doivent être dépénalisées. La lutte coûte une fortune et est parfaitement inefficace. Plus on y met de moyens et plus le risque pour les trafiquants est élevé et donc plus le prix de la drogue augmente, donc plus ça intéresse de monde. Et plus les junkies ont de la peine à trouver l’argent pour leur dose alors plus ils agressent. Et si on arrête un trafiquant et qu’on ne le relâche pas dans la foulée, c’est un subalterne qui prend la relève et à la sortie du premier c’est un règlement de compte de rue.

Tout ceci est absurde, c’est près de 10 milliards qui s’en vont dans la lutte, générant l’essentiel de la criminalité et occupant l’essentiel du temps de travail des forces de l’ordre et ça alors que ça ne fait qu’empirer; Qu’on cesse la lutte contre la drogue en la dépénalisant. Le risque devenant nul si on en transporte peu, son prix va s’effondrer, ce qui réduira l’attrait du trafic et donc diminuera l’offre. Les junkies n’auront plus besoin d’agresser pour se payer leur dose et comme elle sera plus difficile à trouver ils devront se rabattre sur les solutions légales et donc chercher de l’aide, ce qui diminuera la consommation globale.

Dépénaliser, c’est réduire le caractère séditieux de la drogue

Le principal intérêt de la drogue, c’est son caractère séditieux, qui provient de la répression. Plus on réprime et plus on lutte contre le système en se droguant. En supprimant le caractère séditieux, on élimine donc son intérêt principal.

Une des raisons essentielles pour lesquelles on se drogue est la révolte contre le système et la volonté de s’auto-détruire en protestation. La drogue permet une mise en exergue de la personnalité qui acquiert un statut de « marginal ». Même inconsciemment, c’est cette raison qui la première incite à la consommation de drogue et à ne pas s’y tromper, il suffit de parler même à un consommateur de cannabis, le discours tenu est anti-capitaliste, anti-politique, à caractère dénonciateur de la répression policière. Et même pour la cocaïne, la drogue du riche, elle est un élément de justification de l’appropriation de sa part de richesse. Elle contient la sidération de l’enrichissement, elle dédouane de cette appropriation en raison même du fonctionnement du monde.  La drogue ne se prend que très rarement par pur plaisir et même dans ce cas le « système » est l’élément purificateur : « tu prends de l’ecsta, tu sais ce que tu risques ? » >> « Bah ! T’as vu un peu ce que le système nous fait bouffer ? Et de toute façon l’Etat est le plus gros dealer de drogue avec l’alcool et le tabac ! »… et voilà le dopage pour tenir jusqu’au bout de la nuit justifié.

Des économies de tous les côtés

Moins de ressource policière gaspillée, des milliards économisés, moins de trafiquants partout, moins de violence, moins de criminalité, moins de junkies…

Comme de juste, il suffit de regarder l’infographie pour remarquer qu’aux Pays-Bas, où le cannabis est toléré, la consommation est beaucoup plus faible qu’en France ou en Espagne où la traque y est acharnée. Que dire de l’Italie, qui ne se pose pas la question, n’ayant tout simplement pas les moyens d’une telle répression, le cannabis n’intéresse pas grand-monde. Le Portugal, en vert pâle lui aussi, à dépénalisé toutes les drogues depuis longtemps avec un succès fulgurant.

Un bilan éloquent

  • La ressource policière est récupérée pour des tâches plus lucratives.
  • Le trafic diminue drastiquement puisqu’il n’y a plus personne prêt à prendre des risques pour si peu de choses.
  • Moins de criminalité issue des trafiquants, terminé les règlements de compte, les luttes de pouvoir, les guerres de gangs.
  • Moins de criminalité issue des drogués, comme le prix de la drogue a baissé, ils n’ont plus de problèmes de moyens pour se droguer et n’ont donc plus besoin d’agresser ou voler.
  • Comme il y a moins de drogue sur le marché, elle est plus difficile à trouver, donc les victimes se font soigner plutôt que de souffrir de manque, d’autant qu’il n’y a plus d’intérêt se droguer vu qu’elle a perdu son caractère séditieux.
  • Moins de monde en prison, ce qui est toujours ça de pris vu le coût d’un détenu.
  • Moins de junkies dans les rues, c’est « propre » partout. On ne risque plus de marcher sur une seringue dans les quartiers sombres. C’est bon pour le tourisme.
  • C’est bon pour l’image du pays, favorable au tourisme, voir le Portugal, où la drogue est dépénalisée, où les Pays-Bas…
  • …Et toutes les victimes de la drogue, c’est autant d’acteurs économiques perdus. En les soignant, on retrouve un dynamisme économique.

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