Le référendum est-il démocratique ?

Avec la République numérique, oui, il faut introduire le vote permanent en ligne, mais au jugement majoritaire. La notion de « OUI/NON » ne permet pas la démocratie, mais juste le contrôle du peuple qui n’a d’avis construit que sur les thèmes purement sociétaux, comme la corrida, le mariage gay, l’avortement, la sécurité routière, l’âge de majorité, etc. Dès que l’on touche à l’économie, la géopolitique, des sujets très complexes, la portée lui échappe complètement.

En tant que suisse je peux vous dire que le référendum c’est de la fumisterie. Ca n’a rien de démocratique, c’est purement ochlocratique. Le peuple vote pour le démago le plus populiste le plus simpliste le plus riche, point barre ! Le référendum est le moyen pour celui qui a la capacité de se l’approprier (les populistes donc) d’obtenir par le vote ce qu’il ne pourrait obtenir par la raison.

Je cite souvent deux exemples vécus. Il faut savoir qu’en Suisse on reçoit les enveloppes de vote à la maison. Certains cantons paient même le timbre de renvoi (Neuchâtel), d’autres non (Berne). Un jour arrive une enveloppe de vote chez un couple de proches, aujourd’hui décédés.

Lui lit : « le Canton (de Berne, mais ça n’a rien à voir) doit-il intervenir à hauteur de 20’000 francs dans la rénovation de la salle d’attente de la gare de Birsfelden (oui, parce qu’on ne consulte pas les suisses seulement sur les grands objets fédéraux) >> NON ! « Qu’est-ce que j’en ai à foutre moi de la salle d’attente de la gare de Birsfelden ? ». Moi : « ah bon ? Si c’était ta gare, tu ne voudrais pas qu’elle soit rénovée ? T’as assez gueulé qu’elle était dégueulasse ! » >> « ouais, t’as raison »! >> il biffe NON et met OUI >> bulletin nul !

Elle, lit : « La Confédération, ragnagna millions, militaire, armée, gningnin » >> « ouh là, mais ça vient de Berne, ça ! Mon père me l’a toujours dit : « si ça vient de Berne, faut refuser » ! » >> NON !

Je pourrais aussi citer l’exemple de l’interdiction des minarets. Un permis de construire un minaret (oh, rien de mirobolant, 12 mètres de haut, six mètres au-dessus de la Mosquée) à Soleure (plus précisément Wangen bei Olten) à enflammé le pays. L’UDC (l’équivalent du FN, pardon, RN, son modèle souvent envié par Marine) s’est engouffré dans la brèche et a pondu des affiches d’une Suisse hérissée de minarets. Ca a produit un énorme foutoir qui est parvenu à la large interdiction des minarets « parce qu’on est en terre chrétienne et qu’on tient à le rester ». Et ça alors qu’il n’y a que 5 minarets en Suisse en tout et pour tout et si tous les permis en cours et en prévision ça en aurait fait 12, face à plus de 4000 églises.5 dont un, celui de Lausanne,qui est si magnifique qu’elle en fait des cartes postales et qu’on vient de partout pour le voir.

Et ça coûte extrêmement cher de consulter la population pour obtenir ce résultat. La Suisse peut se l’offrir parce qu’elle dispose de l’argent de l’évasion fiscale et du blanchiment de toute la planète qui rapporte près de 15% de son budget annuel à la Confédération grâce à l’impôt anticipé, mais ce sont des centaines de millions chaque année. Si la France faisait pareil, ce seraient des milliards.

En outre la démocratie peut s’exercer de diverses façons. L’exemple le plus frappant pourrait être avec Sarkozy, lorsqu’il a crée l’Hadopi. A la base, il était question d’une petite coupure d’internet et d’une amende de 40€. Le pays s’est alors enflammé en hurlant que c’était donner trop de pouvoir à un organisme public pour finalement parvenir à ce que chacun soit jugé devant un tribunal.

…Sarkozy n’aurait jamais osé en rêver, si il avait proposé que les coupables de téléchargement soient déférés au tribunal, c’eut été la révolution. Alors la solution était dans la communication en proposant une sanction suffisamment anodine pour qu’elle ne soit pas inhumaine mais gênante (la coupure d’internet, personne n’a jamais parlé de l’amende) avec une amende suffisamment minime pour être supportable,mais suffisamment forte pour venir se greffer sur la sanction de coupure pour que la population se ligue contre la loi.

Et le sommet du blues, c’est qu’une fois parvenus à ce que le coupable soit traîné au tribunal comme un délinquant, les militants ont encore hurlé victoire ! On peut donc faire avaler absolument n’importe quoi au peuple grâce à la « démocratie », pour peu qu’il soit bien mené, comme un troupeau.

Un moyen très puissant d’aboutir à la démocratie indépendamment de la diversité d’opinion et en s’extrayant au maximum des populismes de tout poil, c’est le financement participatif. L’économie collaborative permet que des individus de n’importe quel bord trouvent un consensus sur un terrain non politique simplement par leur action de soutien à un projet, influant ainsi directement sur les grandes orientations politiques et économiques.

Il ne faut jamais tenir à une foule le langage de la raison pure. C’est seulement à ses passions, à ses sentiments et à ses intérêts apparents qu’il faut s’adresser. Maupassant

 

La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures. Noam Chomsky

 

« Je l’ai dit quelque part et c’est ma pensée :le jour où le peuple sera intelligent, alors seulement il sera souverain. » Victor Hugo

 

« Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit: «Amuse-toi» . Il s’amuse. On lui dit : «Va te battre avec le voisin.» Il va se battre. On lui dit: «Vote pour l’Empereur.» Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : «Vote pour la République.» Et il vote pour la République. » Maupassant

 

« Il n’y a aucune opinion, aussi absurde soit-elle, que les hommes n’aient pas rapidement adoptée dès qu’on a réussi à les persuader qu’elle était généralement acceptée. » Arthur Schopenhauer

 

« Ochlocratie : Le Robert:

« Ochlocratie :1568. Emprunté au grec okhlocratia,de okhlos, «foule» et­ cratia, « pouvoir». Inusité. Gouvernement par la foule, la multitude, la populace».

Ochlocratie n’est pas un synonyme de démocratie au sens de gouvernement par le peuple. Implicitement, si le terme foule et non peuple est employé et évidemment dans un sens péjoratif, c’est pour suggérer la foule en tant que masse manipulable ou passionnelle, les phénomènes de foule, justement, souvent provoqués par la démagogie ou le populisme. Ceci en l’opposant à des formes de gouvernement politique supposées plus rationnelles ou du moins raisonnables, qu’elles soient démocratiques ou non et pour cela considérées plus souhaitables par principe. »

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