L’inégalité n’a eu de cesse de se creuser depuis 40 ans en raison du refus de la fin du travail

Le Monde pond un article précis sur la croissance de l’inégalité, deux termes qui devraient être antagonistes dans un monde idéal. Mais il confirme l’acharnement au déni de la vérité sur l’origine de cette inégalité.

Non, ce ne sont pas les baisses d’impôt, la diminution de la progressivité de l’impôt, la cause de tout ceci. Et le prix élevé de l’immobilier pour la France et le Royaume-Uni ne date que de la fin des années 90, encore raté !

Il y a une seule vraie vérité mais qui est refusée partout,

Refusée « parce que l’Homme se réalise au travail », une assertion sans fondement qui fait malgré tout loi alors que le vrai serait plutôt le contraire.

En fait, c’est en réalité que le nombre d’heures de travail effectuées par un humain en proportion de la création de richesse n’a cessé de s’effondrer depuis la crise pétrolière qui a mis fin à la période des Trente glorieuses qui est cause de cette inégalité. Ce qui a été pudiquement –et stupidement– appelé « hausse de la productivité du travail ». Il faut noter le ridicule de la chose : moins il y avait d’ouvriers pour produire de plus en plus de valeur, on considérait qu’il y avait hausse de la productivité du travail, alors que c’était une hausse de la productivité des machines.

La société, pour qui la place de l’individu pauvre est au travail, s’est acharnée à maintenir l’emploi à tout prix. Prix payé évidemment par l’ouvrier. Alors que l’activité se diversifiait dans des tas de secteurs inutiles, qu’on la complexifiait pour créer des emplois d’inutiles, les fameux « bullshitjobs », qui représentent aujourd’hui 40% des emplois dans les sociétés les plus avancées, les sclérosants, la qualité de l’emploi n’a jamais cessé de baisser. Les économies ont basculé dans « les services », faisant qu’aujourd’hui tout le monde est « coach », « expert », « conseiller », « spécialiste » ou, Gràal Suprême : « Consultant ». Vous possédez une expertise quelconque ? Tout le monde vous le dira : « deviens consultant » !

…Et de tous ces gens, si tous rament 80 heures par semaine au minimum, passant des heures au téléphone à faire chi… à démarcher le pig… le futur client potentiel pour décrocher un misérable rendez-vous, très peu parvient ne serait-ce même qu’à se sortir un SMIC. Par contre, pour être crédible, il faudra s’habiller en costard italien et rouler en BMW X5, une équation pas simple à résoudre.

De fait, aujourd’hui, le revenu médian est trop bas

Il est au bas mot 20% en-dessous de ce qu’il devrait être en France, au moins 30% en Allemagne ou au Royaume-Uni et… 50% aux USA, où la majorité de la population est revenu au niveau des salaires des années 90 après la crise de 2008.

Les riches, de leur côté, bénéficient directement de ce florilège de créations d’activités dans l’objectif de maintenir l’emploi et se partagent joyeusement les bénéfices des outils de production de plus conséquents au fur et à mesure de l’attrition du travail humain gràce à la fameuse « hausse de productivité du travail », en réalité, diminution du nombre d’heures travaillées par des humains en proportion de la création de richesse. De plus en plus de création de richesse, mais de moins en moins de salaires à verser, c’est autant de bénéfices accumulés. Bien sûr, pour remplacer l’Homme au travail, il faut investir dans des machines, alors qu’un humain c’est gratuit, on ne fait que lui payer un salaire. Mais qu’à cela ne tienne, les actionnaires des entreprises qui encaissent les bénéfices de la production sont également actionnaires des usines qui fabriquent les machines.

Du coup, les fortunes augmentent exponentiellement

Non seulement plus il y a moins d’ouvriers et plus on économise de salaires, une machine revenant moins cher à long terme, mais en plus ça permet de créer de nouveaux investissements dans les machines alors qu’investir sur l’ouvrier n’est pas possible, il se reproduit tout seul.

A cela on ajoute la cerise sur le gâteau : moins il y a de salaires à verser, plus il y a appel à la solidarité et donc l’Etat se substitue aux salaires. Mais le système social étant financé par… les salaires ! Moins il y a de salaires, plus il y a appel au système social qui est de moins en moins financé et donc l’Etat doit emprunter sur le marché pour se financer, il s’endette. Cette dette a des usages variables, au Japon ou en Belgique, c’est la « bonne dette », en mains « du peuple », comprendre : des riches du pays. En France, elle est en mains des institutionnels, les hedge funds, et sert à couvrir les assureurs-vie, le crédit immobilier, etc… et donc enrichit les actionnaires des assurances et des hedge funds.

Alors on baisse les impôts, par plusieurs moyens

Non seulement par la diminution des niveaux et la progressivité, mais également par l’évasion fiscale, fraude ou optimisation, peu importe, du moment que l’Etat en encaisse moins de manière à le contraindre à émettre de la dette qui va enrichir les actionnaires des hedge funds et des assurances qui détiennent la dette. Un peu de crise là-dessus, les intérêts sur la dette augmentent, c’est tout bénéf. Comme les prix montent, on réduit le personnel dans l’outil de production pour redonner de la compétitivité, ce qui permet d’économiser des salaires et contraint l’Etat à l’endettement pour assumer la solidarité nationale.

Et voilà, la boucle est bouclée… pas la peine de tergiverser en se focalisant sur une prétendue baisse de la qualité de l’éducation, qui n’a jamais en réalité été aussi élevée et démocratique ni sur une baisse de la progressivité de l’impôt qui est plus une conséquence que la cause.

La solution est simple, c’est la transition sociétale de la fin du travail

Qui non seulement résoudrait cette inégalité mais en plus générerait de nouvelles couches socio-économiques, en rendant le peuple contributeur dynamique de l’économie devenue collaborative. Et tant que ceci ne sera pas mis en place, nous ne pourrons que nous enfoncer jusqu’à la faillite et l’inégalité absolue. Les riches vont devenir exponentiellement de plus en plus riches alors que le nombre de pauvres va brutalement exploser le jour où les Etats n’auront plus les moyens d’emprunter. ils seront alors non seulement beaucoup plus nombreux, mais beaucoup plus pauvres, pendant que les riches seront non seulement plus nombreux, mais beaucoup plus riches qu’aujourd’hui.

Et pour que ça ne soit pas le cas, il suffirait d’accepter la fin du travail et mettre en place l’économie du 21ème siècle, C’EST TOUT !

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