L’innovation ne servirait plus la croissance…

C’est le titre d’une tribune dans La Tribune (une tribune dans une tribune, quoi… )… 


La croissance ne provient ni de l’innovation, ni de la productivité 

Il faut absolument sortir du paradigme « productivité = croissance », qui est tout simplement faux au XXème siècle et absurde au XXIème.

C’est un concept échu du XIXème siècle avec le développement de l’industrie où le simple fait de parvenir à en mettre une en place constituait une innovation technologique et dont l’enrichissement des ouvriers issus de l’exode rural représentait un considérable développement sociétal.

Au XXème siècle, de créer une industrie n’est plus qu’une question d’investissement, de simple volonté, la technologie existant la plupart du temps et si ce n’est pas le cas, il sufit d’attendre pour qu’elle émerge, elle ne découle en tous cas plus systématiquement d’une volonté ciblée . Il faut une industrie? On l’installe, point ! L’innovation technologique provient de ce qu’elle produira et non plus de son installation et le développement sociétal des avancées sociales.

L’innovation n’a donc jamais produit de croissance en vérité

Par conséquent, elle ne l’a en fait jamais produite cette fameuse croissance. Ce n’est pas l’innovation technologique qui fait la croissance, mais l’innovation sociétale qui l’accompagne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Loi travail ne produira jamais rien de bon, parce que si toute innovation sociétale produit de la croissance, toute régression sociale, donc recul sociétal, en détruit, évidemment et comme aucune évolution sociétale majeure en compensation n’accompagne la libération que pourrait représenter la loi travail, son effet ne peut être que négatif.

Pour que l’innovation technologique soit porteuse de croissance, il faut le développement sociétal. On sert et on ressasse le mot innovation comme une litanie, on l’entend dans les pubs à la télé, dans les discours politisés aussi bien que philosophiques, comme s’il s’agissait d’une panacée. Mais en réalité dans un monde où le savoir-faire s’efface, de s’installer comme artisan tonnelier dans un village où s’installent sans cesse de nouvelles sociétés de e-commerce, des fast foods et consorts est aussi une innovation. Créer une entreprise séculaire dans ce paysage d’économie complexe revient bien à innover.

Grâce à la singularité technologique et scientifique il est facile d’exploiter sociétalement l’innovation technologique

Avec l’automation, il n’est plus nécessaire d’obtenir des gains de productivité pour générer de la croissance; Le simple fait d’automatiser les productions et d’organiser la société autour de la fin du travail permettrait de REDUIRE la productivité, ce qui apporte un gain écologique considérable, tout en générant de la croissance, grâce à la plus forte valeur ajoutée de la production, plus faible, mais plus durable, plus diversifiée et de meilleure qualité.

Une fois de plus, pour retrouver de la croissance, la solution est d’accepter la fin du travail de la quatrième révolution industrielle (nous n’aurons plus le temps de nous adapter à la troisième qui est quasiment échue et nous est passée dessus comme le train sur la femme de mon voisin) et de réorganiser la redistribution de la création de richesse en instaurant un système d’économie contributive portée par l’intelligence collective.

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