L’Overshoot Day avance !

Cette année l’humanité, le fameux « Overshoot Day », se produira le 1er août, 213ème jour de l’année. L’humanité vivra donc sans boire, sans manger, sans s’éclairer, sans faire caca, durant 152 jours. Va falloir serrer les dents et les fesses, les pauvres. 

Une démographie délirante !

Michel Serre dit : « au long de ma vie j’ai vu la population de la Terre quasiment doubler deux fois » ! Claude Lévy-Strauss parlait d’une « démographie d’intoxication » et relevait les difficultés croissantes à vivre ensemble, la promiscuité qui s’installe.

A ma naissance la Terre portait 3,5 milliards d’habitants. Gamin, alors qu’elle avait environ 4 milliards d’habitants, on disait que l’humain était cinglé. Le premier Overshoot Day s’était produit en 69, l’année érotique où l’humanité s’est inversée. Arrivés à 5 milliards d’habitants, on qualifiait l’humain de virus. A 6 milliards, on disait que « les malthusiens avaient eu tort ». A 7 milliards qu’en fait « la Terre peut nourrir 12 milliards de personnes ».

J’ai passé ma vie à dire qu’on était trop peuplé et on n’a cessé de me rétorquer qu’avec notre mode de vie il faudrait X planètes. …Alors que notre mode de vie n’est en rien en cause, nous sommes simplement trop nombreux à consommer. Ce faisant, l’Overshoot Day gagne du terrain chaque année et les conséquences de la surpopulation, dénoncée depuis déjà des années désormais aussi bien par l’ONU que par le monde intellectuel, a des conséquences diverses et parfois aussi mortifères qu’inattendues.

Un seuil critique indispensable

La population idéale de l’humanité c’est 2,5 milliards, c’est à cette masse critique qu’elle atteint le seuil cognitif indispensable pour que la recherche puisse apporter le développement et résoudre la terrible mortalité infantile, les maladies, qui ont fait qu’il a fallu des dizaines de milliers d’années pour atteindre 250 millions de personnes. Puis des siècles pour atteindre 500 millions. Puis des siècles pour atteindre 1 millard.

Avec la surpopulation et le niveau d’éducation moyen qui n’a jamais été aussi élevé dans l’Histoire de l’Humanité, le nombre d’intellectuels explose et un effet inverse se produit de concurrence.  Leur nombre est si grand qu’il est difficile à chacun d’émerger et c’est donc la course à la découverte, au point qu’un nombre croissant de publications scientifiques sont tout simplement fausses, de la « fake science ». D’un côté un capital cognitif unique dans l’Histoire qui offre quantité d’innovations scientifiques et technologiques, de l’autre une concurrence parasite qui freine cette évolution.

Si l’humanité en était restée à quelques centaines de millions, nous aurions une espérance de vie faible et une existence simple et douloureuse. Si elle en était restée à 1 milliard, elle n’aurait jamais disposé de la capacité cognitive pour produire les incroyables découvertes scientifiques apparues depuis la Révolution industrielle. Si elle en était restée à 2,5 milliards, nous pourrions tous rouler en V8 pendant encore quelques siècles et nous n’aurions pas eu de centrales nucléaires. Néanmoins, la Terre peut supporter sans problème 4 milliards d’individus, quittes à adapter nos technologies pour les rendre moins prégnantes.

Toujours plus

Là, nous allons atteindre le double alors que seulement 20% de la population mondiale a un niveau de vie satisfaisant. Ce qui signifie qu’arrivent derrière des milliards de consommateurs dont les conditions de vie sont juste abominables. Ceux qui disent que la Terre pourrait nourrir 12 milliards de personnes oublient juste une chose : c’est que la vie, c’est pas que bouffer !

Alors, ce n’est pas dramatique, ça ne signifie pas que l’humanité va s’éteindre comme le prétendent les déclinistes, crédules victimes des pompeusement autoproclamés « collapsologues » ou « spécialistes en collapsologie ». Mais juste que notre vie sera de moins en moins confortable, de plus en plus régie, réglementée, régulée, contrôlée, maîtrisée, avec les sanctions et les contraintes qui vont avec. C’est notre liberté, notre individualité et notre confort qui sont compromis par cette folie absurde.

Commençons par mettre fin à l’hystérie d’affirmer que sous prétexte que la population est déclinante on risque l’extinction. Cesser de soutenir la famille à tout prix. Cesser de récompenser les gens qui ont été valeureux à faire des enfants. Partout où la population est déclinante on voit la panique. Regardez en Allemagne. Alors qu’en réalité c’est un avantage immense. Parce que si ça fait moins de croissance de consommateurs, en revanche ça nécessite aussi moins de dépenses d’investissements infrastructurels.

Nous sommes trop nombreux, mais pour réduire notre nombre, aucune contrainte n’est nécessaire sur qui que ce soit, il suffit d’accepter l’idée que de réduire la natalité et que l’espérance de vie va compenser. La ressource nous en aurons de plus en plus avec la technologie. Le problème c’est vraiment la promiscuité qui contraint de plus en plus le vivre-ensemble et ça malheureusement la seule solution c’est de baisser la population.

Par contre, il est vrai que la crainte de la population « caucasienne » (je le mets entre parenthèses parce que j’ai précisément cet argument sous l’article de Challenges) est qu’elle soit submergée par des noirs, des jaunes, des rouges ou des violets. Il y a une peur atavique de disparaître, comme si les caucasiens étaient une espèce en eux-mêmes.

Diminuer la population n’implique ni de tuer ni de priver d’enfants

Mais pour baisser la population, il n’y a absolument pas à zigouiller qui que ce soit, le concept même est absurde. Dans le même fil que celui qui défendait les caucasiens, un autre s’est cru bon d’ajouter « faut une guerre ». Je lui ai fait remarquer que outre l’atrocité qu’elles représentent elles ne tuent pas. La totalité des guerres du 20ème siècle a à peine tué autant que 10 ans de cancer à lui seul. Pourtant, si l’humanité a déjà connu des tueries de masse, des génocides, dans son Histoire, le 20ème siècle a battu tous les records. Si l’humanité a mis des milliers d’années pour se développer, dans les causes de ce constat, la guerre et l’insécurité ne sont jamais cités, ou alors à la marge. Que ça soit clair, de tuer ne résoudra jamais le problème de surpopulation.

C’est l’intelligence qui mène à la baisse de la surpopulation. Il suffit d’atteindre une moyenne mondiale de fécondité inférieure à 2 enfants par femme. Nous sommes à 2,33, ce n’est pas si loin. Si nous pouvions avoir 1,9, compte tenu de la hausse de l’espérance de vie, le seuil de remplacement serait largement atteint pour les deux cent prochaines années. Et d’ici la fin du siècle la population aurait déjà diminué de moitié. Et pour atteindre ça , il suffit de constater que où l’éducation surpasse la religion, la fécondité s’effondre. Il faut faire passer les familles de l’époque où il fallait un maximum d’enfants si on voulait pouvoir espérer en avoir un ou deux qui arrivent à l’âge adulte au 21ème siècle où la quasi totalité des enfants arrivent à l’âge adulte, c’est tout. Ainsi, comme il s’agit d’une moyenne mondiale et que de plus en plus de femmes ne veulent pas d’enfants, celles qui en veulent peuvent toujours en avoir, sans aucune contrainte. C’est juste un discours à tenir et assurer la continuité du développement et donc la pénétration de l’éducation.

Une taxe sur l’Overshoot Day pour financer l’adaptation de l’humanité

Pour induire la prise de conscience, on pourrait instaurer une taxe proportionnelle au jour de l’Overshoot Day pour chaque pays. Imaginez qu’on taxe 10 centimes par jour par citoyen la période après l’Overshoot Day chaque pays pour financer la transition écologique et industrielle.

Il reste 200 jours jusqu’à la fin de l’année depuis l’Overshoot Day au Luxembourg et il y a 2 millions de citoyens ?  >>  40 millions de taxe, perçue par l’ONU par exemple ou un organisme qui reste à créer.

C’est pas lourd, mais ça mettrait en exergue le problème, ça dégagerait des moyens pour agir là où c’est possible, parce que le problème ne relève pas là, pour une fois, du développement, mais bien d’une transition.

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