L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

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L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » sam. 21 janv. 2012, 11:56

J'entends quotidiennement soutenir que le modèle allemand est celui qui marche, qu'elle a 125Mds€ d'excédents budgétaires, et patati et patata. Ca m'énerve au plus haut point. En réalité, l'Allemagne est dans une merde noire. Bien plus que la France et sa faillite se produira bientôt (à mon avis, dans les 2 ans).

En réalité, l'Allemagne ne doit son actuelle pseudo performance économique qu'à son endettement social, qui n'est pas encore visible, mais qui va leur pèter à la tronche bientôt, l'exploitation de leurs partenaires, dont nous ne sommes pas des moindres (autant dire que nous ne serons pas longtemps un bon support pour leur acheter leurs gros engins)...et, surtout, la surexploitation des travailleurs, avec des salaires minimaux négociés par les partenaires sociaux (syndicats/länder) et dont le plus bas se situe à 5.30/h.

L'Allemagne à renoncé au nucléaire pour passer aux "énergies renouvelables". Ce faisant, ils ont couvert leur territoire de coûteux et inefficaces panneaux solaires photovoltaïques, au point d'en avoir plus à eux tous seuls que tout le restant de la planète réuni.

Ces panneaux, ils les ont financés avec l'argent des subventions de l'UE, donc l'argent public de leurs partenaires économiques. Avec cet argent, ils ont financé l'implantation d'usines, l'importation et l'installation de PV partout où ils le pouvaient.

Forcément, sur la balance économique, ça jette un jus.

En parallèle de ça, ils ont optimisé leur économie jusqu'à la surchauffe. Les salariés sont pressurés, ils travaillent beaucoup, la tête basse, pour des salaires de misère. Le nombre de working poors augmente en flèche, la dette sociale augmente en raison de la mise de côté de tout ce qui est annexe à l'outil de production, l'espérance de vie s'effondre, la fatigue se fait sentir...

Il faut voir l'économie allemande actuelle comme un F1 en tête de course dans laquelle le pilote est hyper concentré pour s'épargner le moindre surrégime qui ferait casser le moteur ou une perte de maîtrise, qui lui ferait tout aussi sûrement perdre la course...qu'est-ce qui va lâcher en premier? Le pilote ou la voiture?

L'Allemagne est dans la même situation : si la sortie de crise n'intervient pas très rapidement (moins d'un an), l'outil de production va s'essoufler sous la pression de ses acteurs mécontents et va se dégonfler bien plus rapidement qu'il n'en aura fallu pour l'optimiser en le réglant au quart de poil pour le faire rugir dans un vrombissement absurde et anti-écolo. Et c'est la raison pour laquelle l'Allemagne cherche à imposer sa loi en Europe, quitte à l'entraîner dans sa chute.

Voilà où on en est avec les salaires et ce que donnent les intentions du gouvernement de fixer un salaire minimum (je rappelle que le salaire minimum en France est à presque 10€) :
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La réalité économique de l'Allemagne est bien plus désastreuse que la France et vraiment irrémédiablement mauvaise :
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Ce que les allemands en pensent (et c'est un média gauchisant français qui le dit et qui affirme que le modèle social français est bien mieux, c'est dire...) :
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Tout ceci fait que même Jürgen Stark, l'économiste en chef (allemand) de la BCE n'y croit plus :
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Et tout ceci a des conséquences déjà observables sur les travailleurs et loin d'être anodines et qui laissent présager de celles qui pourront se faire jour dans très peu de temps :
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http://www.humanite.fr/monde/allemagne- ... vie-485779

Et quand à moi, je considère la France d'un tout autre oeil. Je ne perds pas de vue qu'elle est mythique pour le monde entier, qu'elle est le plus grand territoire maritime de la planète, que comme elle s'est bien occupée de son peuple, il n'est pas usé par le travail et comme elle s'est désindustrialisée, il lui suffira de se réindustrialiser pour fonctionner.

D'ailleurs, après la perte du 3A pour le 2A+ (à noter que AAA et AA+ sont le même risque financier. Le troisième A ne sert qu'à indiquer que tout est pour le mieux. De l'enlever ne sert qu'à indiquer qu'on a analysé la situation et qu'il vaudrait mieux intervenir si on veut rester crédible, c'est tout) les marchés ne s'y sont pas trompés. Avec le 3A, la France avait réussi à emprunter 6Mds€ à 1.98%, ce qui est déjà excellent. Mais depuis la perte de ce fameux A de trop, le Trésor a émis des obligations à hauteur de 9.5Mds€ pour lesquelles se sont présentés 3x plus de demandeurs que l'offre, ce qui a engendré un taux de...1.07%!

A la fin de l'année passée, l'Allemagne avait émis 6Mds€ à un taux de 1.5% dont seul le quart avait trouvé preneur.

Alors, quand à moi, je pense comme Samuel Ruben qui écrit mieux que bien ce que je ressens et que les marchés ont indiqué clairement ressentir aussi depuis :
14 fevrier: ma déclaration d'amour économique à la France
« On ne peut pas désirer ce que l’on a » disait Platon, fidèles à cette assertion, les Français idéalisent les autres et sont d’un pessimisme vis-à-vis de la France qui n’a d’égal que l’aura et la richesse de ce pays. Il ne s‘agit nullement ici de dire que la France est la plus belle, mais juste de rappeler qu’elle n’est pas moins bonne que les autres, elle est juste différente en osant être elle-même… d’où son charme d’ailleurs.

ÉCRIT PAR Samuel Ruben

« On ne peut pas désirer ce que l’on a » disait Platon, fidèles à cette assertion, les Français idéalisent les autres et sont d’un pessimisme vis-à-vis de la France qui n’a d’égal que l’aura et la richesse de ce pays. Il ne s‘agit nullement ici de dire que la France est la plus belle, mais juste de rappeler qu’elle n’est pas moins bonne que les autres, elle est juste différente en osant être elle-même… d’où son charme d’ailleurs.

Déjà en 2003, Nicolas Baverez écrivait la France qui tombe et Alain Duhamel, le désarroi français, les deux essais économiques les plus vendus cette année là. En 2007, François Fillon disait être à la tête d’un Etat en faillite, au bord du gouffre, puis la crise hypothécaire américaine s’est transformée depuis en crise financière mondiale, de quoi faire dire à de nombreux observateurs que la France a depuis fait un grand pas en avant (dans le gouffre). Par conséquent pour la majorité des français tout va très mal, le triple A est menacé, le déclassement de la France est en marche voire en roue libre, le modèle social va exploser, l’Etat providence est mort, le pays s’appauvrit…

Preuve de ce pessimisme, une enquête réalisée par BVA publiée en janvier 2011 révèle que 61% des français pense que 2011 sera une année de difficultés économiques, contre 28% en moyenne dans le monde et…22% en Allemagne. L’Allemagne dont on ne cesse de vanter les mérites en France : pays modèle, courageux dans les réformes, rigoureux budgétairement, ayant atteint en 2010 une croissance jamais vue depuis la réunification, champion à l’’export, bref un pays de cocagne. La voisine que l’on jalouse en somme. Sauf qu’à regarder de plus près, la France, Belle Dame dont les lumières brillent toujours, n’a rien à envier à sa voisine.

Tout d’abord et ce n’est pas peu de chose, La France dont on dénonce souvent le poids de l’administration publique, est mondialement reconnue pour le haut niveau d’expertise de ses fonctionnaires : Strauss-Kahn au FMI (après 3 mandats de Camdessus entre 87 et 2000), Pascal Lamy à la tête de l’OMC, Jean Claude Trichet à la tête de la BCE, Jean Lemière à la tête de la Banque Européenne de développement (Jean Todt et Michel Platini ne sont pas des hauts fonctionnaires mais rentrent également dans cette catégorie d’experts français reconnue en étant à la tête de la Fédération internationale automobile et de l’UEFA).

Ensuite comme le faisait (très justement) remarquer madame Lagarde en mars 2010, le modèle économique allemand qui repose sur une obsession de la compétitivité du fait du poids très important des exportations dans le PIB (50%) est insoutenable et incohérente. L’Allemagne dont 65% des exportations se dirige vers l’Union Européenne, se comporte en passager clandestin profitant de la hausse de pouvoir d’achat qui a lieu dans les autres pays, hausse de pouvoir d’achat qu’elle refuse à consentir à sa population (le partage de la valeur ajoutée y est nettement défavorable aux salariés). Et puisque la compétitivité externe (balance commerciale) ne peut être considérée comme seul indicateur de santé économique, la situation macro-économique de l’ « exportworltmeister » allemand n’a pas de quoi faire rougir la dame Bleue :

1. L’Allemagne est depuis 20 ans dans la queue du peloton européen en matière de croissance ; 1.6% en moyenne entre 92 et 99 contre 1.9% pour la France. 0.9% pour la décennie 2000-2010 contre 1.27% pour la France. Et quant à la croissance allemande historique de 2010 de +3.6%, il a succédé à un recul tout autant historique du PIB allemand qui s’était contracté de 4.7% en 2009, de quoi nuancer la performance de 2010 et apprécier la dangerosité de son mode de croissance trop dépendante de la demande externe.

2. En matière de finances publiques, domaine où l’Allemagne bénéficie d’une réputation de sérieux inestimable, la France n’a rien de ridicule malgré ses 30 ans de budgets déficitaires consécutifs. Allemagne et France ont échappé in extremis à des procédures pour déficits excessifs de la commission européenne en 2005. Et fin 2008, la dette publique allemande (67%) était du même ordre que celui de la France (68%). Depuis, la dette publique française (84%) est certes bien supérieure à celle de l’Allemagne (75%) ; mais c’est le résultat d’un Etat providence plus présent en France et de transferts sociaux plus importants, ce qui est un choix de société très discuté mais tout à fait justifiable. D’ailleurs les marchés ne s’en émeuvent pas outre mesure les spreads de taux longs entre Allemagne et France n’ayant pas explosé depuis.

3. Si l’Allemagne vend très bien ses produits à l’étranger comme en témoigne sa balance commerciale qui affichait en 2010 un solde positif de 150 milliards d’euros (contre -50 milliards pour la France), la France a ceci de charmant que son territoire est très attractif. Elle est ainsi en 2010 au 4ème rang mondial d’accueil des investissements directs étrangers (Allemagne 9ème). Les investisseurs internationaux la considèrent comme une terre d’accueil avec des infrastructures de qualité, un patrimoine riche, des travailleurs qualifiés, une pression fiscale et une règlementation qui n’empêchent pas les affaires… (et en plus ils bénéficient du savoir faire des agences de développent économique régionales qui facilitent leur implantation). Dans le même temps les entreprises françaises investissaient 147 milliards de dollars à l’étranger en 2010 (2ème rang mondial), preuve de la hardiesse des entrepreneurs français (Allemagne 4ème rang, 62 milliards).

4. Il convient d’ajouter que la France dispose du meilleur système de santé au monde, que 36% du marché du luxe (moins sensible au taux de change que l’industrie) est occupé par des entreprises françaises, que la France est la première puissance agricole européenne, qu’elle est régulièrement en grève (symptôme du changement) et qu’elle est championne d’Europe de la natalité quand pèse en Allemagne par exemple un sérieux risque de déclin démographique (ps. il convient néanmoins de porter sur ce dernier point une analyse qui va au-delà du simple constat, une naissance sur trois en France a lieu dans une Zone Urbaine Sensible, là ou le taux de chômage des jeunes est de 40%, dans le monde du 21ème siècle, la formule de Bodin devient « il n’y a de richesse que d’hommes à fort capital humain », il y a donc nécessité voire urgence d’avoir un Plan ZUS avec formation, instruction afin de pérenniser la culture d’emplois qualifiés et innovants en France.)

Les Français jalousent les autres, notamment l’Allemagne la « rivale » la plus proche où l’on dit l’herbe plus verte… sauf qu’à bien regarder il s’agirait de gazon artificiel. Cette illusion de France qui ne se porte pas très bien est rendue possible par des statistiques du type Dette publique divisée par le nombre d’habitant qui fait hériter à chaque nouveau né français d’une dette de l’ordre de 25000 euros. Mais comme la lingerie (une invention française) les statistiques montrent tout en cachant l’essentiel ; l’essentiel est que le territoire français reste très attractif et les entreprises françaises très offensives. Cette matrice combinée à l’expertise des fonctionnaires français et la qualification de ses travailleurs est la garantie de lendemains radieux...
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Message par Técé » dim. 22 janv. 2012, 09:56

Et voilà où ça nous mène :
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » mar. 24 janv. 2012, 14:20

La vérité commence à sortir, comme quoi, je ne suis pas si fou, peut-être?

Europe 1 titre : "L'Allemagne à l'origine de la crise de l'Euro"?
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Si avec ça certains ont encore des doutes, c'est qu'ils sont bouchés....
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » mar. 24 janv. 2012, 20:08

Et pour bien démontrer à quel point l'Allemagne a une position économique plus que sensible avec un article sur Atlantico de l'excellent Philippe Herlin qui nous démontre qu'en cas de crash de la Grèce, l'Allemagne ramasse en premier :
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Résolument, le "modèle allemand" en prend un coup. :mrgreen:
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » mer. 25 janv. 2012, 01:31

La France, par contre, ne va pas si mal. Après Fitch qui a maintenu sa note AAA, voici que Moody's la confirme à son tour, avec perspective stable, qui plus est.

Pas mal pour un pays avec de tels avantages sociaux. L'Allemagne, malgré le sacrifice de sa population, qui n'est plus soignée convenablement, esclavagée et tout, ne fait pas beaucoup mieux...
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » ven. 27 janv. 2012, 18:10

Et il y a encore un très grave problème qu'on a tendance à occulter un tantinet en Allemagne : l'instabilité politique!

On considère l'Allemagne comme stable, parce que démocratique depuis 70 ans, mais c'est en oubliant les rancoeurs de l'ex-RDA, les résidus du nazisme, qui font encore régulièrement des morts et, comme le démontre cet article, implique une surveillance constante.

On prend toujours tout pour acquis : la stabilité des prix, le carburant et l'énergie à bon marché, l'achat de tout et n'importe quoi considéré comme un droit élémentaire, l'eau illimitée, etc...

Pourtant...
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » lun. 30 janv. 2012, 11:38

Les mauvais signaux sur l'Allemagne continuent d'affluer.

Comme de juste, après la brillante intervention télévisée de Sarko dans laquelle il a démontré l'immense vastitude de l'inconsistance du vide sidéral de sa vision pour des lendemains qui déchantent, ceux qui savent vraiment de quoi ils parlent parce qu'ils réflechissent, eux, contre-attaquent et nous redonnent une fois de plus la vérité :
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » lun. 30 janv. 2012, 11:48

Petit aparté. Si vous avez bien lu ce fil, vous avez dû remarquer qu'à un moment donné on vous dit que seuls 6.3% des 64 ans (et plus) ont du travail.

Autrement dit, à un an de la retraite, 93.7% des seniors n'ont plus de travail. :fubar:

...Tu parles d'un "modèle qui marche".....

Si maintenant je vous dis que la retraite, pour certaines couches, va passer à 67 ans depuis le 1er janvier 2013 et en 2030 pour tous... :nod:

Voyez-vous, les retraites, ça se passe comme ça : vous avez cotisé toute votre vie au max, pour avoir un bon taux de remplacement, vous avez cotisé à une caisse de pension pour le complément, et éventuellement quelques assurances-vie ou autres pour la soif.

Arrivés à la retraite, vous n'avez plus de travail. Alors on vous donne votre chômage, puis on vous met en préretraite, c'est-à-dire qu'on vous autorise à prélever votre caisse de pension prématurément, avec laquelle on vous verse votre rente. Quand celle-ci est vide, on vous met au RMI (400€/mois) puis vient la retraite. Et là, le calcul n'est pas "X% du dernier salaire" (heureusement, parce qu'au RMI, bonjour) ni ce que vous avez cotisé durant votre vie qui sert de base de calcul.

Pour l'essentiel, c'est la moyenne salariale des 5 dernières années de vie qui est prise en compte.

Et voilà, vous aviez prévu une retraite de X milliers d'Euros? ....Ben vous aurez la moitié!

Vous aviez escompté sur X centaines d'Euros par mois de votre caisse de pension? ....C'est déjà dépensé, terminé la caisse de pension.

Et voilà, vous venez de comprendre l'intérêt des retraites, en particulier en Allemagne... :punch:

Certains mariages ne devraient pas être autorisés...ça donne pas de beaux gamins...
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » lun. 30 janv. 2012, 11:53

La vision du New York Times sur les visions merkozyennes appelées à détruire le peuple européen...pas tendre.

En anglais, malheureusement, je vous le traduirai ultérieurement.
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » mer. 09 mai 2012, 09:16

Je n'arrête pas de voir passer de nouvelles horreurs sur l'Allemagne.

Exemple avec ce bulletin de l'OMS indiquant explicitement comment sont traités les retraités, extrait :
L’assurance pour les soins de longue durée (Pflegeversicherung), distincte de l’assurance-maladie à proprement parler, couvre les besoins en soins des personnes qui, par suite d’une maladie ou d’une incapacité, ont perdu leur autonomie depuis au moins six mois. L’assurance pour les soins de longue durée allemande est un régime obligatoire de contribution réparti équitablement entre assurés et employeurs. Le droit à prestation ne repose pas sur l’âge, mais près de 80% des bénéficiaires ont 65 ans ou plus. Les bénéficiaires sont répartis en trois niveaux de dépendance. Selon les derniers chiffres disponibles, sur les 82 millions d’habitants que compte l’Allemagne, près de 79 millions cotisent à une forme quelconque d’assurance pour les soins de longue durée. Sur ce chiffre, environ 88% cotisent à une caisse publique et 12% à une caisse privée.

La plupart des bénéficiaires de l’assurance pour soins de longue durée allemande restent à domicile (69%). Ainsi, ils peuvent opter entre un versement mensuel en espèces – qui se situait en 2012 entre 235 euros (environ 300 dollars) et 700 euros (930 dollars) – pour couvrir leurs besoins en soins, ou recevoir des prestations en nature – entre 450 euros (600 dollars) et 1550 euros (2065 dollars) en 2012 –, sous forme de services professionnels de soins. Les personnes peuvent également reverser l’argent à un proche ou un ami qui s’occupe d’elles. Pour les 31% de bénéficiaires restants, ces versements ne couvrent qu’une partie du coût mensuel des soins en institution (maison de retraite), précise C. Tesch-Römer. S’ils le peuvent, les bénéficiaires complètent leur régime d’assurance par d’autres assurances ou caisses de pension. S’ils ne le peuvent pas, leurs familles sont obligées de participer aux frais et, si elles ne le peuvent pas, les bénéficiaires peuvent demander en dernier recours une aide sociale.
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » jeu. 10 mai 2012, 17:16

Lu aujourd'hui, dans Le Monde :
L'Allemagne remet en question son modèle
LE MONDE | 09.05.2012 à 14h48 • Mis à jour le 09.05.2012 à 17h19

Par Frédéric Lemaître

Sans le reconnaître explicitement, l'Allemagne est peut-être en train de réorienter sa politique économique, quitte à sacrifier une partie de sa compétitivité. Une interview du ministre des finances le laisse penser. Interrogé dans le magazine Focus du 7 mai, Wolfgang Schäuble déclare : "Ce n'est pas un problème que les salaires augmentent actuellement chez nous davantage que dans les autres pays de l'Union européenne. Ces hausses de salaires contribuent à supprimer les déséquilibres à l'intérieur de l'Europe. Mais nous devons faire attention de ne pas exagérer." Des propos qui interviennent dans un contexte particulier : depuis le 2 mai, le syndicat de la métallurgie, IG Metall, multiplie les grèves tournantes pour obtenir 6,5 % d'augmentation de salaire pour les 3,6 millions de salariés du secteur.

Alors que les négociations entrent dans une phase décisive, les propos du ministre donnent des arguments au syndicat. Ils éclairent également d'un jour nouveau plusieurs accords. A la surprise générale, le syndicat des services Verdi avait obtenu fin mars les 6,3 % d'augmentation qu'il revendiquait pour les deux millions de fonctionnaires de l'Etat et des communes. Ceux-ci vont recevoir 3,5 % de plus le 1er mars (avec effet rétroactif), 1,4 % le 1er janvier 2013 et 1,4 % le 1er août 2013. Prochaines négociations en mars 2014.

"Cet accord ne doit pas constituer une référence mais doit être jugé séparément" : gardien de la lutte contre l'inflation, Jens Weidmann, président de la Bundesbank, avait tenté de circonscrire l'incendie. C'est évidemment l'inverse qui se produit et Berthold Huber, le président d'IG Metall, ne manque pas de s'y référer.

D'ailleurs, lundi 7 mai, Verdi a obtenu une hausse des salaires de 6,5 % pour les 50 000 salariés de Deutsche Telekom. Un accord valable jusqu'au 31 janvier 2014 qui prévoit une augmentation de 2,3 % au 1er mai, 2,1 % au 1er janvier 2013 et 2,1 % au 1er août 2013. Aux échelons les plus bas, une augmentation de 3 % est prévue, rétroactivement au 1er février.

CORRECTION DE CERTAINS EXCÈS

Autre signe de l'inflexion de la politique sociale : la décision de la CDU d'introduire un salaire minimum. Certes, ce n'est pas l'Etat qui en fixera le montant, mais une commission paritaire. Néanmoins, cette mesure, revendiquée par l'opposition et les syndicats, constituerait une révolution dans un pays où, en 2010, près d'un quart des salariés - 7,84 millions de personnes - touchaient un salaire qualifié de "bas", c'est-à-dire inférieur à 9,15 euros brut de l'heure, soit les deux tiers du salaire médian dans le pays.

Au moment même où l'Allemagne engrange le succès des réformes sociales entreprises à partir de 2002, le gouvernement semble donc vouloir en corriger certains excès. De fait, l'Allemagne est compétitive. Mais, de 2004 à 2009, le revenu réel brut par salarié aurait reculé chaque année. Même si la situation évolue depuis 2010, les gains en termes de pouvoir d'achat restent modérés.

Alors que la conjoncture européenne reste atone, la relance de la consommation par des hausses de salaires peut permettre de soutenir la croissance. Mais en reconnaissant que les salaires doivent "davantage augmenter" que dans le reste de l'Union européenne, M. Schäuble va plus loin.

"Si l'on veut que les pays du Sud redeviennent compétitifs, il faut que les pays du Nord acceptent d'avoir un peu plus d'inflation et que la Banque centrale européenne reconnaisse que l'objectif de 2 % d'inflation n'est qu'une moyenne et ne doit pas s'entendre pays par pays", analyse l'économiste Jean Pisani-Ferry, de l'institut Bruegel.

Le gouvernement allemand ne peut revendiquer une hausse de l'inflation. Mais tout se passe comme si, à quelques jours du G8 de Camp David, il entendait les critiques formulées récemment par des économistes américains comme Josef Stiglitz. "Quelles que soient leurs raisons, les pays excédentaires imposent des coûts aux autres et la persistance de ces surplus a des conséquences qui ne sont pas soutenables", avait déclaré le 13 avril le Prix Nobel d'économie à quelques mètres de la porte de Brandebourg.
Source

On voit clairement là à quel point j'avais raison. L'Allemagne, qui donne le change par le sang de son peuple, en faisant tout pour se faire prendre en remorque par la France, beaucoup plus riche qu'elle, tout en faisant croire que c'est elle qui soutient tout le monde, est au bout du rouleau.

Son économie hyper-optimisée jusqu'à la surchauffe est sur le point de péter une soupape. S'ils n'augmentent pas radicalement les salaires dans un délai très court, leur économie va tout bonnement s'effondrer.

Il se passe aujourd'hui très exactement la même chose qu'au début du siècle. Nous lisons et entendons les mêmes choses qu'en 1910, avec le résultat que nous connaissons.

Bien sûr, aujourd'hui les allemands sont nos amis, depuis des dizaines d'années....en 1914 aussi!
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » ven. 11 mai 2012, 17:49

Ben voilà, il suffisait d'attendre, pas longtemps, pour que, une fois de plus, ce que je dis s'avère exact :
L'heure de s'inquiéter? Les grands hedge funds parient sur l'effondrement de l'Allemagne et de la Hollande

Le Financial Times révèle qu’un groupe de gérants de hedge funds ont commencé à «shorter» un certain nombre de pays de la zone euro, y compris l’Allemagne et la Hollande, alors que ces deux pays sans difficultés économiques payent toujours les taux d'intérêt les plus bas sur leurs dettes.

Les hedge funds sont des fonds hautement spéculatifs qui s’adressent à des individus ou des institutions capables de leur confier des sommes très importantes. Leurs investissements reposent sur un éventail de stratégies pour maximiser les bénéfices de leurs investisseurs, et notamment sur le « shorting » (ventes à découvert).

Contrairement à la démarche des investisseurs classiques, qui parient sur une hausse du cours d’une valeur, les « shorters » parient sur la chute d’une valeur. Pour ce faire, ils n'achètent pas les titres en question, mais ils les revendent à terme (c'est-à-dire qu’ils s’engagent à les vendre à une date future convenue) et ils attendent la baisse des cours pour acheter la valeur en question et assurer la livraison, la différence entre les deux transactions constituant leur plus-value.

Jusqu’ici, ces gérants très expérimentés et très bien payés spéculaient sur les pays européens dont les difficultés sont connues : Irlande, Grèce, Espagne et parfois même, France. La nouveauté, c’est qu’ils s’attaquent désormais à des pays cotés triple A, dont les Pays-Bas et l’Allemagne, ce qui implique qu’ils s’attendent à ce que ces pays s’effondrent aussi. A un second niveau, cela signifie qu’ils s’attendent à un effondrement généralisé de la zone euro, qui entraînera même les pays les plus florissants. Avec la France, l’Allemagne est le pays qui contribue le plus au fonds de secours de la zone euro. Et un effondrement de la zone euro dans son ensemble ne manquerait pas d’entraîner les Etats Unis dans son sillage.

L'un de ces gérants de hedge funds à parier contre l’Allemagne est John Paulson, un milliardaire qui a fait fortune en pariant sur l’effondrement du marché hypothécaire aux États-Unis dans le prolongement de la crise financière de 2008.


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Pendant que tout le monde encensait l'Allemagne, moi je disais comme elle était dans la merde.

Pendant que tout le monde ricanait de la perte du 3A de la France, absolument sans importance, moi je soutenais que la France était bien plus saine que l'Allemagne.

...Elle est foutue l'Allemagne. Ca fait des mois que je prédis qu'elle en a pour 2 ans max, elle sera foutue au plus tard à l'hiver 2014.
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » dim. 10 juin 2012, 07:14

Ce que j'exprime au-dessus commence à ressortir de manière de plus en plus prégnante. L'Allemagne parvient en effet de plus en plus difficilement à cacher le fait que c'est elle qui a besoin de la France et non le contraire.

Je suis dans les rares à soutenir la thèse que l'Allemagne en réalité est en faillite et a besoin de la France pour s'en sortir et que l'argument disant que l'Allemagne est un modèle à suivre parce qu'elle a de la croissance est tout simplement un prétexte plus politiquement correct que "nous devons aider l'Allemagne alors que nous sommes encore plus dans la merde qu'elle" qui aurait eu toutefois le mérite d'être la vérité.

Je soutiens depuis le début que Merkel ne faisait que des simagrées parce qu'elle était obligée de donner le change en faisant croire que c'était l'Allemagne qui tenait le couteau par le manche et Sarkozy de lâcher du lest parce que la France n'avait pas le choix si elle voulait être soutenue par l'Allemagne.

Alors que la vérité est toute simple : le potentiel allemand est épuisé depuis 10 ans. Son peuple d'esclaves n'en peut plus. La France, elle, désindustrialisée, à un potentiel intact. De plus elle est le pays le plus riche d'Europe et avec l'économie la plus saine. Mais pour s'épargner une situation qui va vite se compliquer, en particulier en cas d'effondrement de l'Europe dont l'Allemagne et la France sont les moteurs, elle doit se réindustrialiser, se recentrer sur ses coeurs de métiers technologiques. Mais on ne réindustrialise pas un pays d'un claquement de doigts, d'une part, et il faut avoir ensuite des clients par la suite, d'autre part.

Alors la France ne pourra pas s'épargner l'étape de la co-production avec l'Allemagne, exploiter le formidable outil industriel allemand, en partenariat, ce qui offrira le double avantage de permettre à la France de se réindustrialiser et de soutenir son principal partenaire pour le jour ou la France sera prête à produire.

Si la France laisse tomber l'Allemagne, elle va couler. Et si l'Allemagne coule, c'est la fin de l'Europe. La France perd l'essentiel de ce qui lui reste comme ouverture de marché, c'est aussi simple que ça.
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » ven. 28 sept. 2012, 22:30

Ben voilà, souvenez-vous ce que je disais au tout début de ce post, que j'ai lancé au mois de janvier parce que j'en avais marre de dire partout comme l'Allemagne en avait pour 2 ans max...

Ca va faire un an. De dégradations des notes des banques en effondrement de leur industrie photovoltaïque, l'arnaque du siècle jusqu'à l'effondrement des ventes de voitures en Europe, voilà la vérité qui va forcément se faire jour...fort logiquement...
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Re: L'Allemagne est-elle si rose ou en réalité cirrhosée?

Message par Técé » mar. 20 nov. 2012, 06:14

Toujours cette sombre réalité du "modèle allemand"...
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