"Plan d'aide" à la Grèce

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"Plan d'aide" à la Grèce

Message par Técé » ven. 22 juil. 2011, 11:37

Méchante Madame avait lancé le fil sur le lancement de l'affaire DSK dans la section "économie" du forum....

...elle avait raison...

Nous l'avions alors suivie sur ce fil en parlant des avantages à la chute de DSK.

J'avais traité des avantages qu'il y aurait à faire tomber DSK, pour les américains. Puis la situation s'était précisée avec Lagarde. Si Lagarde n'était pas élue, c'en était fait de l'Euro.

Ben, en fait, c'était pire que ça..."ils" (les puissants) se sont offerts quelques ronds-de-jambe en affirmant que ce serait bien que ce soit un asiatique, histoire de les flatter un peu, puis ils ont mis à la tête du FMI la personne qu'ils voulaient en réalité, tout simplement. Presque trop simplement.

La Grèce ne pouvait pas plonger. Si elle tombait en cessation de paiement, elle aurait engendré une contamination systémique qui aurait fait s'effondrer la BCE à la fin, et donc la disparition de l'Euro. D'un autre côté, si l'Euro disparaissait, ce serait tout bénéf pour le dollar qui reprendrait sa place dominante sur les marchés de change internationaux. Fini les europétrole, retour au pétrodollar... Accessoirement, les USA auraient engrangé tout bonnement 110Mds€ de CDS garantissant la dette grecque.

...Alors on a fait un compromis : on a fait sauter DSK (sur une pute, c'était facile, il est coutumier du fait :mrgreen: ) avant qu'il ne mette en place son plan de sauvetage de la Grèce qui était impopulaire parce que les grecs ont vécu sur le dos de l'Europe grâce au pognon qu'on leur a prêté pour la troisième fois..et on allait les sortir de la merde une quatrième fois. Mais son plan avait le double mérite d'être contraignant envers la Grèce et d'être --et ça c'est le pire, intolérable-- honnête!

Une fois DSK viré, on y a mis Lagarde, beaucoup moins regardante. Tout aussi intelligente, mais bien moins moraliste.

Le "plan de sauvetage" est simple : pourquoi ne pas faire en sorte que plutôt que ce soit le peuple qui investisse en Grèce au travers du FMI et de la BCE ce ne seraient pas des privés? Rendez-vous compte de la manne financière : il est question de 17% de rendement!!! (intérêts élevés, effet de levier par les ventes à découvert,etc...)

Alors, le FMI va faire son travail en "donnant" à la Grèce quelques milliards, mais le "petit complément", 138Mds€ sur un total de 158Mds€ sera apporté par les banquiers privés.

Conséquences attendues? ...Ben, les privés vont doubler leur fortune en quelques années. Comme la Grèce aura de la peine à payer, les privés, en marge de se gaver des intérêts, auront un pretexte pour prendre des CDS (Credit Default Swaps, des assurances sur le risque du crédit, en espérant que le créancier se plante), ce qui mettra la pression sur le marché en "l'inquiètant", de sorte que le taux d'intérêt va monter ce qui va faire qu'ils vont pomper encore plus la Grèce.

Prenons un exemple concret à notre échelle : j'ai 1000€ que je souhaite investir. Je peux les mettre sur un carnet d'épargne ou un Livret A ou un truc du genre. Vu le rendement et l'inflation, après 100 ans, je dois de l'argent à la banque pour payer le découvert. :D

L'autre solution, c'est d'acheter de la dette souveraine grecque. J'achète donc des obligations gouvernementales grecques pour un montant de 1000€. A 17% de rendement bruts, soit environ 15% nets, ces 1000€ doublent tous les...5 ans! Ben ouais. Après 5 ans, je me retrouve avec 2000€. Sachant que dans le cadre du plan de sauvetage on parle de 10 ans, ça signifie que je me retrouve après 10 ans avec 4000€!

Maintenant, imaginons que je sois un des privés "sauveteurs de la Grèce". Un de ces gars qu'on fait passer pour un héros partout parce qu'il se sacrifie pour sauver un beau pays et la zone Euro, je n'ai plus 1000€, mais 1Md€, en chiffres : 1'000'000'000€. Après 10 ans, je me retrouve avec 4Mds€, tout simplement.

Les banquiers privés vont investir 138Mds€, soit près de 600Mds€ après la période.

Oui, mais et les 2%? Vous savez, on avait 17% bruts, soit 15% nets?

Ben c'est simple, les 2%, c'est eux qui les encaissent, mais à la fin. Le calcul se fait donc ainsi :

138Mds€ au taux de 17% durant 10 ans = 638Mds€. C'est la somme placée par les banquiers incluant les frais de gestion qu'ils empocheront et les taxes diverses que les politiques se partageront.

138M€ au taux de 15% durant 10 ans = 558M€. C'est la somme que les banquiers devront payer à leurs investisseurs, frais de gestion et taxes diverses déduits.

Soit 80Mds€ de bonus...

Sauf que les investisseurs qui héritent du bénéfice, ce sont les mêmes que ceux qui héritent du bonus. Ben oui, ce n'est pas parce qu'on est banquier qu'on ne peut pas investir dans son produit, bien évidemment. 8-)

Concrètement, pour la Grèce, il va se passer quoi? Ben c'est simple : durant 10 ans on va augmenter les impôts, baisser le niveau de vie, diminuer le social, réduire les dépenses d'infrastructures (on ne va réparer que les autoroutes pratiquées par les gentils sauveteurs, dans l'arrière-pays, on ne s'emmerde plus), etc...

Puis, le moment venu, la Grèce enfin exsangue sera mise en faillite, tout bonnement.

Et l'Euro dans tout ça? ...Ben, c'est tout simple : d'ici-là on aura crée le fameux "Fonds Monétaire Européen", histoire d'avoir des petites économies pour sauver les pays trop pompés par les riches. Autrement dit, l'argent qu'on comptait vous prendre pour le prêter à la Grèce, on vous le prend quand même, pendant que les riches s'engraissent, mais pour le stocker.

...Et quand la Grèce sera en faillite...ben c'est quand même vous qui devrez la sauver, mais au travers du tout nouveau "FME"...

Dans l'immédiat, vous pouvez sortir le lubrifiant, parce que ces gens ne font pas preuve de ménagement, je vous aurai prévenus. :ugeek:

...Et constituez des réserves, parce que, très franchement, ils ne seront pas plus tendres plus tard. Vous serez habitués, certainement. Mais depuis, ils auront encore grossi.
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » mar. 01 nov. 2011, 10:35

Ce fil avait été engendré, pour souvenir, par l'affaire DSK, qui tombait pile-poil au bon moment pour éviter qu'il ne sauve la Grèce (parce que lui l'aurait vraiment sauvée, très simplement, en la refinançant et déterminant des conditions simples et supportables, dans l'intérêt de chacun).

Nous en parlions ici : viewtopic.php?f=4&t=847 et ici : viewtopic.php?f=4&t=1341

Le fameux "plan d'aide" s'est bel et bien avéré une belle fumisterie.

Tout d'abord, un petit calcul (qui fait mal aux reins, tant le coup de boutoir est violent), commençons par la base en prenant une somme rondelette servie à la télé:

Sur 200Mds, on exige des banquiers qu'ils se "sacrifient" en "abandonnant" la moitié de la dette. Oui, pourquoi pas, mais on parle de quel sacrifice alors? Il est a combien le taux d'intérêt des obligations grecques?
La dette grecque affole les marchés de taux
06/09/11 à 16:55 - investir.fr
Le marché obligataire grec subit de vives tensions. Ce mardi, le rendement du papier hellène à deux ans a bondi au-delà des 50 %, à 50,8 %. Celui à dix ans flirte avec les 20 %. Les signes d’inquiétude sur la santé des finances grecques se multiplient, au point que certains évoquent un possible défaut d’Athènes.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les experts de la Troïka des bailleurs institutionnels de fonds de la Grèce (Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne), en mission dans le pays, ont décidé de quitter Athènes pour une dizaine de jours. Le temps, officiellement, que le gouvernement « complète les travaux techniques relatifs, entre autres, au budget 2012 et aux réformes structurelles de soutien à la croissance », précise le communiqué de la Troïka. Rendez-vous est déjà pris à la mi-septembre pour faire le point. Ce délai sera-t-il suffisant ? Les marchés financiers ont l’air de penser que non. Athènes a urgemment besoin d’argent. Selon le quotidien Kathimerini, la Grèce pourrait demander à ce que l’aide prévue dans le cadre du second plan de sauvetage soit versée avant la fin de l’année 2013. Soit avec un an d’avance sur le calendrier.

Impossible de contourner la règle

Cela fait déjà grincer des dents. « La mission de la Troïka doit reprendre et doit aboutir à une conclusion positive, sinon la prochaine tranche d’aide ne sera pas versée à la Grèce », a rétorqué mardi après-midi Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances. Et de marteler : « C’est la règle. »

Athènes va devoir mettre les bouchées doubles pour respecter ses engagements en matière de déficit public, et pour lutter contre la fraude fiscale qui gangrène le pays. Vendredi 2 septembre, le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos l’a reconnu : Athènes n’atteindra pas ses objectifs de réduction du déficit public en 2011. Selon une source proche de la mission d’inspection relayée par l’agence Reuters, le déficit culminera à « au moins 8,6 % » du produit intérieur brut (PIB), contre 7 % visé et 10,5 % en 2009.

La Cour constitutionnelle allemande doit rendre mercredi son verdict sur la validité de l'aide accordée à la Grèce. « Si nous attendons une validation de la part de la Cour, une décision contraire ou une modification des accords passés seraient une catastrophe pour la zone euro, estiment les analystes de CM-CIC Securities. L’Allemagne étant la clé de voûte du dispositif, une moindre implication de sa part à travers des limitations dans sa capacité d’action pourrait remettre en cause tout l’édifice bâti depuis un an. » La Finlande continue, elle, à demander des garanties (des « collatéraux », en langage technique) en contrepartie de son soutien à Athènes. Sans compter que les Parlements nationaux doivent de prononcer sur le plan de sauvetage d’Athènes. « Si ces obstacles ne sont pas surmontés, la Grèce ne pourra plus compter sur un financement de l'UE et ne pourra donc, de facto, pas rembourser sa dette à un moment ou à un autre », conclut CM-CIC Securities.

En attendant, la tension est à son paroxysme sur le marché obligataire. Les rendements des taux grecs s’envolent, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans, qui évoluait au-dessus de 3 % fin juin, chute à 1,84 %. Le papier américain (Tbond) à 10 ans reste, lui, sous le seuil des 2 %, à 1,93 % ce mardi, signe que les investisseurs se tournent vers les valeurs « refuge » au détriment des actifs risqués.
Source

Ensuite, tout n'est pas si simple que ça. La dette grecque est en réalité constituée d'une foultitude de dettes. Des institutionnels, des privés, des sociétés commerciales, etc...

Tout ceci est bien compliqué :
La fiction des cent milliards de réduction de la dette grecque
« Les doutes augmentent sur l’accord de l’Union Européenne », titre ce matin le Wall Street Journal.

Barclays Bank vient de mettre à jour une liste des 40 principaux détenteurs de dette grecque.

  • Ils représentent 260 des 350 milliards d’euros (les deux tiers) d’endettement du secteur public grec.
  • Au total, 38,5 milliards d’euros sont répartis entre 25 obligataires qui ne sont ni grecs ni publicsce sont eux qui sont vises par la concession de 50% arrachée la nuit des longs couteaux.
  • 10 milliards d’euros sont détenus par 7 assureurs.
  • 18,3 milliards sont détenus par des banques ou assurances françaises.
  • Les 80 milliards d’obligations détenus en dehors de ces 40 obligataires sont apparemment répartis parmi plusieurs centaines d’obligataires détenant moins de 500 millions d’euros chacun.
  • A contrario, le secteur public et les banques grecques en détiennent 221,5 milliards.
  • Même si tous les obligataires non identifies étaient des obligataires du secteur privé, ils n’atteindraient au total que 118,5 milliards d’euros.
  • Si tous ces obligataires se présentaient à l’échange volontaire de leurs obligations –ce qui est peu probable, leur contribution ne dépasserait pas 59 milliards d’euros.
  • Une hypothèse réaliste ne dépasserait pas 40 milliards d’euros.
  • Sur ces 40 milliards d’euros, il est peu réaliste de croire que plus de la moitie soit exécutée sous forme d’abandon de créance.
  • Si mes hypothèses sont correctes, l’impact immédiat sur la dette grecque ne devrait pas excéder 20 milliards d’euros, ou 6% de sa dette
.
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Source

In fine, le taux moyen sur un an des intérêts sur LES dettes grecques s'élèvent à environ 12% en moyenne.

Bon, alors, sur cette base, reprenons notre petit calcul rénal (pour le moment, dans le puissant mouvement de va-et-vient, nous en sommes toujours au moment du va, douloureux...mais c'est avec le vient qu'il y aura la sueur et le sang).

200Mds, tel que présenté dans les médias pour simplifier, "par respect pour le lecteur" (et parce que ça fait moins mal pour le pauvre abruti grec qui n'y pige que dalle), sont donc divisés par deux, au grand dam des pauvres banquiers saignés à blanc de 100Mds du jour au lendemain.

Reste donc 100Mds à 12%/an >> 15 ans (durée du "plan de sauvetage" après tous ces palabres inutiles) = ....540Mds (faites le calcul).

Soit, au final, un bénéfice final, en 15 ans, de tout-de-même 340Mds€, ce qui nous donne un rendement moyen, sur les 200Mds de près de 3%!

Il est à combien votre carnet d'épargne? Même le LivretA français n'est qu'à 2.25%.

Un sacrifice finalement quand même rentable... :P

Les grecs, fort conscients de cet état de fait, vont donc finalement voter le "plan de sauvetage" :
Les Grecs se prononceront par référendum sur le plan d'aide européen
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 31.10.11 | 19h41   •  Mis à jour le 31.10.11 | 23h57
Georges Papandreou a annoncé la tenue d'un référendum devant des élus du parti socialiste grec, lundi 31 octobre.REUTERS/JOHN KOLESIDIS

Le premier ministre grec, Georges Papandréou, a créé la surprise, lundi 31 octobre, en annonçant l'organisation d'un référendum sur l'accord européen d'effacement d'une partie de la dette du pays, conclu la semaine dernière et critiqué en Grèce pour l'abandon de souveraineté qu'il implique.
Les Grecs "veulent-ils l'adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n'en veulent pas, il ne sera pas adopté", a déclaré le premier ministre. "Nous faisons confiance aux citoyens. Nous croyons en leur jugement. Nous croyons en leur discernement, a poursuivi M. Papandréou. La volonté du peuple grec s'imposera à nous." La presse grecque indique que le référendum serait organisé début janvier.

Le groupe socialiste a indiqué de son côté qu'il demanderait un vote de confiance au Parlement sur l'accord sur la dette. L'issue du vote est incertaine, la majorité socialiste au Parlement s'étant effritée à 153 députés sur 300 sièges, en raison de la forte opposition aux mesures d'austérité qui accompagnent le soutien financier au pays. Selon l'AFP, ce vote de confiance pourrait intervenir dès vendredi.

DES GRECS RENDUS RESPONSABLES DE LEUR AVENIR

Ces annonces surprises font trembler les grandes capitales européennes . Le Financial Times cite un haut fonctionnaire de Bruxelles qui avait observé que M. Papandréou manifestait peu d'enthousiasme face aux conditions de l'accord de Bruxelles. Mais "personne ne s'attendait à [un référendum], souligne-t-il. M. Papandréou a toutefois dû calculer qu'il obtiendrait le soutien des Grecs." A l'Elysée, l'entourage de Nicolas Sarkozy se dit consterné. "Le geste de la Grèce est irrationnel et dangereux", estime un proche du président, cité sur le blog L'Elysée : côté jardin.

Plusieurs analystes estiment que ce référendum permettra au très impopulaire gouvernement Papandréou de rendre le peuple grec responsable de son avenir. Le ministre des finances, Evangelos Venizélos, l'a d'ailleurs souligné sur Antenna TV : "Le peuple grec peut, bien sûr, rejeter le plan d'aide mais il devra avoir en tête les conséquences de cette décision."

Pour l'opposition, la tenue d'un référendum permet d'éviter à Georges Papandréou de convoquer des élections générales anticipées. "Le premier ministre essaye d'acheter du temps", estime Costas Gioulekas, membre du parti de droite Nouvelle Démocratie, cité par la BBC. Makis Mailis, du Parti communiste, crie même au "chantage" sur la chaîne Mega TV, appelant à "des élections, maintenant".

CRAINTES D'UNE PERTE DE SOUVERAINETÉ

Le pari du premier ministre grec intervient alors que le pays entre dans une série de négociations techniques très sensibles avec ses partenaires européens et ses banques créancières, qui ont accepté jeudi dernier d'échanger les obligations grecques qu'elles détiennent contre de nouveaux titres dont la valeur est réduite de 50 %.

Parallèlement, des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes vendredi à l'occasion des défilés de la fête nationale, pour protester contre les conséquences de l'accord européen qui donnent aux créanciers plus de contrôle sur la politique budgétaire du pays, faisant craindre à certains une perte totale de souveraineté. Aux cris de "Traîtres, traîtres", des milliers de manifestants ont empêché le déroulement de la parade à Salonique, contraignant le président de la République, Carolos Papoulias, à quitter les lieux : du jamais vu dans la jeune histoire de la Grèce moderne.

Et un sondage paru le week-end dernier dans le journal To Vima montre qu'une majorité de Grecs juge les décisions du sommet européen négatives, 12,6 % seulement les jugeant positives.

DETTE EFFACÉE À 50 %, CONTRÔLES RENFORCÉS

Jeudi dernier, au terme d'un sommet marathon, les dirigeants européens ont trouvé un accord avec les banques pour effacer une partie de la dette grecque détenue par les banques créancières du pays. L'accord porte sur un renoncement de 50 % des créances, soit cent milliards d'euros sur un total d'endettement public du pays de 350 milliards d'euros.

Athènes recevra, en outre, de nouveaux prêts internationaux de 100 milliards d'euros également d'ici à fin 2014, dans le cadre d'un programme qui remplace celui de 109 milliards d'euros décidé en juillet par l'UE et le FMI. Par ailleurs, dans le cadre de l'accord, 30 milliards d'euros sont réservés aux banques grecques, qui vont beaucoup souffrir de l'opération d'échange de dette à 50 % de leur valeur, étant les plus grosses détentrices d'obligations souveraines grecques.

En échange, le pays doit accepter un vraisemblable renforcement des contrôles sur sa politique budgétaire, jusqu'à présent contrôlée tous les trois mois par une "troïka" où sont représentés des membres des trois principaux créanciers du pays : Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international. A l'issue de l'accord jeudi, le gouvernement grec a indiqué que des membres de la troïka seraient désormais en résidence en Grèce.
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Ils le refuseront certainement, et ça en sera fini des mensonges et des magouilles de la gouvernance actuelle.

Soyons honnêtes envers nous-mêmes, l'Europe a fait de belles promesses à la Grèce. En réalité, comme on l'a vu plus haut, les intentions, dans l'intégration de la Grèce, étaient moins nobles. Et, surtout, les grecs se sont royalement plantés en entrant dans une Europe non pas sociale, mais financière, alors qu'ils ne fabriquent rien, ne produisent rien, sinon un peu de tourisme.

Aujourd'hui on voudrait "les aider", mais c'est par peur de la systémique. Comme on peut le voir avec mon petit calcul élémentaire, l'aide en question, finalement, malgré la dégradation de la situation économique européenne devenue tellement catastrophique qu'il est question d'une fin de l'Euro et de l'éclatement de l'UE...reste encore une question de bénéfice.

L'aide, c'est gratuit et bénévole. Ce faisant, la Grèce va refuser "l'aide" de l'Europe et va fixer ses conditions : soit on crache au bassinet de manière vraiment efficace (regroupement de la dette avec un taux d'intérêt supportable via le FESF, par exemple), soit les grecs abandonnent l'Euro et l'Europe et on se démerde avec leur faillite et on assume les conséquences de la systémique "domino" qui s'ensuivra.

Puisqu'ils peuvent user de ce levier, pourquoi ils se le refuseraient?

Après tout, là on les accuse d'avoir pété plus haut que leur cul, d'avoir tout dilapidé...ah bon? Pas nous? En fait, le truc, c'est qu'on veut bien les aider, à condition qu'ils nous sortent de la merde...et ils ne sont pas d'accords!
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » mar. 01 nov. 2011, 12:31

Ce qui se passe en bourse en ce moment est la preuve de la sincérité de la démarche d'aide à la Grèce.

Les investisseurs ont bien compris que les grecs savent pertinemment que ce sont eux qui tiennent le couteau par le manche : "vous ne voulez pas nous sauver? Pas grave! Nous n'avons besoin de rien! Nous vous abandonnerons à votre sort avec notre faillite, qui ne changera pas grand-chose pour nous et vous, vous vous effondrerez tranquillement"...et voilà, les grecs font ce qu'ils veulent.

Il faut quand même bien comprendre que les grecs ne sont pas très dépendants du marché international ou mondial. Ils vivent de leurs jardins, leurs vins, leurs vignes et leurs vergers. C'est un peuple rustique peu soumis aux aléas de la globalisation. Non seulement ils peuvent vivre presque en autarcie, mais les russes, toujours à la recherche d'alliance européenne, leurs font les yeux doux. Ils sont aussi la future Chine de l'Europe. Les chinois ont déjà littéralement cannibalisé le petit commerce grec. Ils en feront ensuite leur destination de vacances favorite, et voilà.

...Les grecs n'ont surtout pas besoin de l'Europe, alors que si l'Europe ne les sort pas de la mouïse dans laquelle elle les a mis en allant les draguer puis en lui proposant des milliards de prêt pour "son développement", elle risque fort de tout simplement s'éteindre et de revenir à l'âge de pierre.
Les Bourses européennes dévissent après le revirement grec
LEMONDE.FR avec AFP | 01.11.11 | 09h23   •  Mis à jour le 01.11.11 | 11h52

A la Bourse de Francfort, l'indice Dax est en recul de 3,5 % à l'ouverture.REUTERS/KIRILL IORDANSKY (en un seul jour, ndlr)

L'annonce faite lundi par le premier ministre grec d'un référendum sur l'accord européen d'effacement d'une partie de la dette du pays a créé une onde de choc à l'ouverture des Bourses européennes. La zone euro replonge dans l'incertitude. Les places boursières dévissaient, également perturbées par un ralentissement en Chine. La Bourse d'Athènes a chuté de 6,31 %. La Bourse de Paris a chuté de 1,89 % à l'ouverture, à 3 185,3 points, avant de perdre 3,28 % en début de matinée puis de plonger de 4,03% à 3 112,20 points.
A 9 h 05, le CAC 40 lâchait 100,34 points pour s'inscrire à 3 136,27 points. Lundi, l'indice avait perdu déjà 3,16 %. Les banques françaises décrochent également : Crédit agricole, BNP et Société générale ont chuté de 10 à 12 %. Pour les analystes de BNP-Paribas, il s'agit du "retour à un climat de panique".


A Francfort, la Deutsche Bank perdait 7,66 % et Commerzbank dégringolait de 9,53 % sur un indice Dax en recul de 3,5 %. La Bourse de Londres était également en nette baisse, l'indice Footsie-100 des principales valeurs perdant 94,6 points lors des premiers échanges, soit 1,71 % par rapport à la clôture de lundi, à 5 449,62 points. Les Bourses de Lisbonne et Madrid ont perdu 3 % à l'ouverture. Et la Bourse de Milan chutait de 5% en fin de matinée.


SPECTRE D'UNE NOUVELLE CRISE

L'incompréhension voire la consternation prédominent dans la zone euro au lendemain de la décision du premier ministre grec Georges Papandréou de convoquer un référendum sur le nouveau plan européen de renflouement du pays. Dans les capitales européennes, on déplore une décision porteuse d'instabilité d'ici à l'organisation du scrutin, probablement en janvier, et, en cas de victoire du "non", le risque d'une nouvelle crise de l'euro.

Les dirigeants de la zone euro ont accepté, à l'issue de leur sommet du 26 octobre à Bruxelles, de prêter 130 milliards d'euros à la Grèce et obtenu des créanciers privés qu'ils effacent 50 % des quelque 210 milliards d'euros de titres grecs qu'ils détiennent. En annonçant lundi sa décision de consulter les Grecs sur ce plan, Georges Papandréou a expliqué qu'il lui fallait obtenir un soutien politique élargi aux mesures d'austérité et aux réformes structurelles exigées par ses bailleurs de fonds. Le dernier sondage publié sur la question, samedi par le journal To Vima, montre que près de 60 % des Grecs jugent l'accord négatif. Beaucoup dénoncent une atteinte à la souveraineté du pays.
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par madame Adonis » mer. 02 nov. 2011, 08:22

ahahahahaha et le scrutin seulement dans deux mois ? ah les jolies vacances de Noël que l'europe va nous payer... le stress nous guette tous :giggle: abandonnons les capsules pour le petit café grec, c'est moins cher, ça sera déjà ça de gagné :D

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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » mer. 02 nov. 2011, 15:46

Comment on fait le café grec? Ca m'intéresse, parce que bon, je pensais passer au café turc...mais ça consomme quand même beaucoup de café!! :(

Moins cher que les capsules (je n'en consomme plus, j'ai acheté Senseo, la machine est bien moins chère, les dosettes sont bien moins chères, et en plus, ça fait du café, ce qui n'est pas le cas des merdes à dosettes pour pigeons fortunés) mais ça consomme beaucoup trop de café.

A propos, savez-vous qu'il faut faire mousser le café turc 7 fois avant de le servir? Comme ça il reste bien sagement au fond de la casserole. :D

Oui, un beau Noël en perspective, on va tous s'offrir des Euros, dans l'espoir qu'ils prennent de la valeur dans l'avenir... :mrgreen: :fubar:

Mais bon, vous savez, moi j'espère beaucoup de la crise. C'est LE moment pour mes projets... :sun: :muscle: :flower: :angel:

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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » jeu. 03 nov. 2011, 09:36

Le moins que l'on puisse dire est que le référendum grec met tout le monde dans l'embarras. Il n'y a qu'à utiliser le hashtag #referendumgrec sur Twitter pour voir la réalité de la chose.... Et l'Europe d'accuser la Grèce de tous les maux.

Mais qui est vraiment responsable? Il faut rétablir un peu de vérité là-dedans, parce que la source du problème, n'est pas une Grèce "avide d'Europe" comme on aime à le laisser penser. Si Papandréou agit comme il le fait, il sait bien pourquoi.

Les obligations constituant les emprunts grecs ont un taux d'intérêt. Ce n'est pas par générosité que les petits européens qui en ont acheté les ont achetées.

Hier, en début d'après-midi, le taux d'intérêt des obligations grecques à 2 ans était à près de...300%!

Quand tout va bien on veut bien encaisser des intérêts, mais quand tout va mal, on veut être remboursé...

L'argent prêté "n'appartenait" pas à quelqu'un, c'est de l'argent qui a été imprimé sans aucune corrélation avec une quelconque valeur. Juste imprimé en masse, quitte à engendrer un jour une inflation (ce qui nous arrive aujourd'hui, alors que nous nous trouvons tout simplement à l'aube de l'hiver de Kondratiev) Puis distribué à tous les acteurs de l'économie via toutes les sources possibles. De l'argent qui ne valait rien.

Ce qui revient à dire qu'en demandant à la Grèce de rembourser, c'est un peu comme si vous prêtiez une pelure de banane à votre voisin pour qu'il puisse glisser dessus et qu'une fois pourrie vous exigiez qu'il vous rende le camion d'oranges que vous lui aviez prêté.

La Grèce ne s'est pas développée sous l'impulsion de l'Europe, tout au contraire. On a exigé de la Grèce qu'elle s'aligne à l'Europe, comme les autres. Pour parvenir à ce résultat, il faut élever le niveau de vie, donner du pouvoir d'achat, afin de pouvoir élever les prix, répondre aux normes en matière de banque, etc...

Cette phase d'alignement (qui était loin d'être terminée, bien évidemment), n'est pas du développement, c'est de la normalisation. Mais l'Europe apprend qu'on ne peut pas indéfiniment décider du niveau de vie sans augmenter la richesse. De créer de la monnaie n'a jamais crée de valeur. La Grèce est un pays qui n'était pas déficitaire en civilisation, mais en production industrielle et de services. A part l'Eglise Orthodoxe et des jardins et des vergers, là-bas, y'a rien! Autant se démerder pour faire acheter à des bushmen des Porsche Cayenne en échange d'avoir le droit de nous parler.

La vérité est que ce qui s'est passé est une escroquerie. L'entrée dans l'Europe devait être une libération. En réalité, il s'est très vite avéré que les pays du sud, pauvres, n'avaient pas les moyens d'accéder au niveau de vie des pays du nord, SURFAITS (je le mets en capitales, que l'on comprenne bien la nuance avec le mot "riches". Les pays du nord ne sont pas riches, ils sont encore bien plus pauvres que les pays du sud, mais ils exploitent plus le reste du monde).

Vous êtes dans votre maison, tranquille, un jour un gars vient construire à côté de chez vous, un truc énorme, luxueux. Pensez-vous que le fait d'obtenir un crédit de votre banque de X millions d'Euros pour bâtir aussi gros que lui fera de vous quelqu'un d'aussi riche que lui?

Les grecs n'ont jamais demandé ça, c'était une exigence de l'Europe. Et ce ne sont pas les grecs qui ont demandé à entrer dans l'Europe, c'est l'Europe qui est allée les chercher. Et pas par générosité ou par vénération parce qu'ils sont à l'origine de notre civilisation moderne, comme on l'entend souvent et qu'on le laisse bien volontiers dire, oh non! Simplement pour des raisons géopolitiques évidentes : la Grèce est le dernier pays occidental avant l'Asie, dont la frontière est matérialisée par le Pont-Euxin, en Turquie, musulmane et ennemie de la Grèce. En faisant entrer la Grèce dans l'UE, la Turquie ne pouvait plus chercher de noises à son voisin si elle voulait faire les yeux doux à l'UE pour son développement économique, voire son entrée dans l'Union. De fait, la Grèce, qui était un obstacle qui faisait barrage aux échanges commerciaux via la Turquie avec l'Asie moyen-orientale, en raison de ses chamailleries religieuses pérpétuelles avec son voisin, devenait une porte d'entrée.

Le problème étant que si tout le monde trouvait évident l'entrée de la Grèce dans l'UE, malheureusement, elle ne remplissait pas les conditions d'entrée, il fallait alors la niveler.

Sous promesse de développement, on lui a prêté l'argent nécessaire à cet alignement. Entretemps, le comportement abusif et aberrant de l'Occident depuis ces 30 dernières années lui a pété à la gueule. Les membres de l'UE n'arrivant déjà plus à assumer leur propre croissance n'étaient plus en mesure de développer la Grèce, comme promis, pour lui permettre de rembourser sa dette. La Grèce, qui devait devenir un partenaire commercial intercontinental ne servait plus à rien, puisque, faute de moyens, les échanges se sont trouvés ralentis.

...La Grèce a alors fait faillite, c'est simple à comprendre.

La Grèce se trouve dans la position d'un vigneron qui aurait accepté de vendre toute sa production à une grande surface. Il fournit, chaque année, il est content, il grossit, il investit, il va bien. Un jour, une autre grande surface se met à vendre le même produit, d'un autre vigneron, mais moins cher. Le premier vigneron doit alors baisser ses prix à la demande de son partenaire qui ne vend plus le produit. Il ne peut bien évidemment pas, il a adapté sa structure aux rentrées ponctuelles précédentes. Son seul client ne lui achète plus sa production, et les clients qu'il avait avant et qu'il a rejetés pour satisfaire son partenaire unique sont allés ailleurs bien évidemment. C'est la faillite.

Voilà comment les choses se sont passées...
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par madame Adonis » jeu. 03 nov. 2011, 11:48

"Autant se démerder pour faire acheter à des bushmen des Porsche Cayenne en échange d'avoir le droit de nous parler." :muscle: :lol: :lol: ,

ah, :bravo: :bravo: vous avez tout compris et comme c'est superbement expliqué le bushman lui-même va tout comprendre et il retrouvera son âne avec bonheur :heart: :heart:

ces salauds qui cherchent à nous faire croire que la grèce avait menti sur ses finances et sur son état réel en entrant dans l'europe, ces salauds réunis aujourd'hui à Cannes pour essayer de faire comprendre aux pauvres comment faire pour se serrer la ceinture de plusieurs crans afin qu'eux-même puissent continuer à rouler en porches, tous ces minables qui bouffent du caviar et des truffes à tous les repas en parlant de ceux qui au même moment crèvent en masse, de faim, de soif et de manque de soins...

la grèce ne les intéresse plus pour les vacances, ils ont d'autres bons plans et puis ils ont réussi depuis longtemps à faire comprendre au grecs qu'ils devaient engendrer de la croissance, s'endetter en construisant à tout va des routes des chemins, des hôtels, qu'ils devaient arracher leur vignes et leurs champs d'agrumes pour y planter des oliviers, beaucoup d'oliviers pour l'huile des européens du nord qui adorent le régime crétois...

la grèce qui importe maintenant ses agrumes depuis l'Italie et l'espagne... pendant que les tankers italiens viennent pomper l'huile d'olive qu'ils mélangeront à la leur de moindre qualité...

ah elle est belle l'europe d'aujourd'hui et c'est passionant de l'observer dans ses contorsions minables... et quand je parle de l'europe j'y inclus bien entendu la suisse qui ne vaut pas mieux :punch: :punch:

c'est bon, c'est l'heure du lunch à Cannes alors bon ap !

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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » jeu. 03 nov. 2011, 20:22

Vous, vous êtes au minimum grecque. :D :D

Merci pour la validation. ;)

Personnellement, je pense que les grecs ont triché sur leur situation réelle...mais pas plus que l'Europe pour les convaincre de l'opportunité qu'elle représentait.

Pas plus que la France dont c'est la spécialité...que dire des anglais?

J'entends Eva Joly nous dire comme il y a 120M€ dans les coffres des banques suisses, et le journaliste de rajouter "c'est le tiers de la dette"(!!) Quelle consternante propagande avec des médias mainstream qui suivent aveuglément.

Franchement, si ces 120 milliards étaient en Grèce, ça changerait quoi? De même, s'ils étaient simplement déclarés?

...Ben ça ferait des impôts sur le revenu et sur la fortune bien évidemment. Pas de quoi fouetter un chat. Cet argent à un propriétaire et il n'est pas destiné à payer la dette. Il rapporterait quoi? Avec un indice d'impôt sur la fortune moyen (les grecs ont un truc bizarre) de 2 o/oo ça nous donne 240 millions€/an. A un rendement moyen de 5%/an taxés en dernière tranche à 30%, ça nous donne 3M€/an.

De lire, comme je le lis, "en Grèce, 60'000 piscines ne sont pas déclarées"...ah? Et alors? Déclarer sa piscine c'est quelque chose comme 500€/an. Ca représente 30 millions d'Euros qui ne rentrent pas. Pour un Etat comme le Liechtenstein, je ne dis pas, mais de prétendre que ça changerait la situation de la Grèce, franchement, si c'est pas complètement démago... :wondering:

En gros, en remoralisant le méchant contribuable grec qui ne veut pas payer ses impôts, comme les gentils contribuables des autres pays qui eux ne trichent pas, c'est bien connu, on pourrait encaisser dans les 6 milliards supplémentaires/an, sur 118 qui manquent à l'Etat pour tourner.

Et attention, c'est aussi 6 milliards qui sortiraient des poches de consommateurs. On a beau être riche, soit on achète une Rolls, soit on paye ses impôts. Comme la Rolls ont peut très bien décider de ne la remplacer que tous les 3 ou 4 ans, alors que les impôts se paient chaque année, autant acheter une Rolls. Et le garage qui l'a vendue et va l'entretenir, il paie des impôts lui.

Non, franchement, entendre ce discours "politiquement correct" me donne envie de vomir.

J'ai d'ailleurs tenu un discours similaire sur un blog appelé "Le Blog Gaulliste de je ne sais plus qui"....hop! >> modéré, mon message à disparu! Faut croire que je suis inpolitiquement correct et que ça ne passe pas dans un esprit gaulliste... :roll:

Voilà que Papandréou est prêt à abandonner le référendum. Il n'a plus la majorité, on arrête plus de le lâcher, il est de plus en plus isolé.

...Comme on comprend!! C'est que, ceux qui trichent le plus, ce ne sont certainement pas ceux qui ont les 120M€ dans les coffres suisses. Eux, en tous cas, ne font que s'épargner quelques impôts. Ceux qui ont le pouvoir trichent sur bien autre chose... :x :headbang:
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par madame Adonis » ven. 04 nov. 2011, 10:44

encore heureux qu'ils aient triché les grecs car jouer les angelots dans un monde de poker menteur n'a pas de sens même si au final ils se sont bien fait avoir :hi: :hi: mais c'est bon, comme c'est l'heure du café , changeons de sujet : le café grec disais-je... eh bien le café grec ce n'est jamais que du café turc fait par des grecs :D une habitude prise sûrement avec les turcs pendant leur longue cohabitation de même que leurs pâtisseries les plus grasses et les plus sucrées comme les baklavas dont voici la recette en pensant à noël (ça nous changera des biscomes qui doivent eux être d'origine allemande comme Angela )

http://www.750g.com/fiche_de_cuisine.2.123.12380.htm

faire mousser le café à la manière ottomane dix fois me semble un peu excessif ? les grecs, si j'ai bien observé, le font mousser trois fois et ajoutent un peu d'eau froide pour faire descendre la poudre au fond de la cafetière :bravo: :bravo: mais bon, c'est vrai que pour un bon café il faut en payer le prix et quant à moi je resterai fidèle à la méthode italienne et à ma petite cafetière à pression... ça évite quand même bien d'avoir du marc plein la bouche :D quand on pense que les italiens et leur excellent café vont peut-être eux aussi passer à la casserole ça donne du souci pour l'avenir...

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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » ven. 04 nov. 2011, 13:43

7x, pas 10x. Une fois de plus, il est brûlé, une fois de moins, ça marche pas.

Pas de doute, les baklava sont bel et bien turcs. Nous avons ainsi la preuve que les grecs ont eu été susceptibles d'importer des techniques, même de Turquie. Par conséquent, nous sommes tout-à-fait légitimes à subodorrer que la recette de préparation du café puisse avoir été issue de cette voie.

Toutefois, une nuance considérable s'impose :
quant à moi je resterai fidèle à la méthode italienne et à ma petite cafetière à pression... ça évite quand même bien d'avoir du marc plein la bouche
Cette simple phrase, qui pourrait, d'un prime abord au cours d'un survol distrait et négligeant, nous sembler à priori anodine se révèle être en réalité lourde de sens si on se penche un tant soit peu, fût-ce superficiellement, sur sa teneur, dans une analyse même grossière.

En effet, les grecs sont bien capables d'importer des techniques de l'extérieur, y compris la Turquie, comme nous l'avons plus haut. Néanmoins, sont-ils capables de les importer convenablement? Parce que si la recette que j'exprime est appliquée à la lettre, le marc se trouve au fond de la casserole (qui doit être en aluminium ou en cuivre pour des raisons de conductance électrique susceptible d'avoir une incidence favorable sur le comportement des molécules composant les diverses matières en présence afin que la performance optimale désignée puisse être atteinte) et non pas au fond de la gorge...

...A moins que ça ne soit vous qui nous l'ayez mal transmise? Je n'ose l'imaginer. Néanmoins, par une petite expression pour le moins succinte, vous semblez envisager qu'une telle chose se soit produite et que, en conséquence de quoi, on pourrait alors, sans aucune médisance ni malintention, ni même à priori préjugé, interpréter vos propres dires dans ce sens.

Remarquez, un moyen très simple serait de nous déterminer. Bien sûr, me direz-vous, vous pourriez appliquer les deux recettes et venir nous confirmer laquelle des deux est la meilleure en appliquant les deux paramètres essentiels : le goût et le marc!

Mais non, cette méthode ferait appel à la confiance mutuelle. Considérant votre implication dans la possible transmission d'une donnée erronée, votre objectivité pourrait être mise en doute, sans pour autant remettre en question votre honnêteté.

Par conséquent, cette approche n'a rien de scientifique et une autre doit être appliquée pour se prémunir d'une éventuelle accumulation d'erreurs susceptible de menacer la plausibilité de l'action.

Ma proposition : les baklava grecs sont-ils différents des turcs? Si oui, sont-ils aussi bons? Si tel est le cas, alors démonstration sera faite que les grecs sont capables d'importer des techniques extérieures sans les prétériter de leurs qualités intrinsèques.

:sleepy: :sleepy:

Bon, toutes ces cruciales anodineries étant clairement exposées, si nous passions aux choses annexes et donnant dans le sujet qui devait censément nous occuper?

Vous l'aurez donc remarqué, l'affaire fait grand bruit, entre démocratie européenne, consistant à être d'accord de se faire mettre par tous les trous sans discussion, et démocratie à la grecque trouvant son origine dans 5'000 ans de civilisation, donc vraisemblablement obsolète, la première option a été choisie par le couple franco-allemand pour présider aux destinées grecques.

...Ils ont bien de la chance les grecs de bénéficier de tant d'attention et de prévention de la part des deux plus grands parasites personnages politiques d'Europe.

La classe... 8-)
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par madame Adonis » ven. 04 nov. 2011, 16:56

en attendant ils flippent grave les deux plus importants de l'Europe :bravo: :bravo: ils voient pointer la grève générale de leurs esclaves et la décroissance généralisée s'installer à la place du consumérisme forcené qu'ils cherchent à imposer au monde, enfin à une partie du monde :punch:

question café je vais expérimenter la chose puisqu'en bonne grecque j'ai la cassolette idéale faite dans le bon métal conducteur de café et je vous donnerai des nouvelles... je pousserai le pinaillage jusqu'à trouver du café grec car le moulinage aussi à son importance :hi: pour ce qui est des grecs qui seraient allés chercher leurs recettes en Turquie ce n'est vrai que pour ceux qui ont émmigré dans ce pays, tous les autres c'est en regardant l'occupant auttoman faire son café qu'ils s'y sont mis... :hi:

http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde ... oire.shtml

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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » ven. 04 nov. 2011, 19:58

Ah ben, c'est pas leurs gesticulations politiques drôlesques qui vont empêcher quoi que ce soit.

Notre économie est foutue. Le problème, c'est qu'en cherchant à la sauver, ils sont en train de la détruire. :swear:
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par madame Adonis » dim. 06 nov. 2011, 08:49

oui, les beaux jours des faiseurs de fric avec du papier ou sur le dos des autres ont l'air bien finis n'en déplaise à ceux qui y croient encore :hi: :hi: et les grecs bien plus politisés que nous ne le sommes ne sont pas près de s'entendre sur les dix ans de galère qu'on leur propose après leur avoir fait miroiter la belle vie à gogo :punch: mais les grecs, ils savent aussi que la misère est moins pénible au soleil :hi:

"J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire « Guerre et Paix en vingt minutes. Ca parle de la Russie (Woody Allen)" :hi:

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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par Técé » dim. 06 nov. 2011, 09:09

Si cela vous intéresse, je viens de tenter un essai sur les causes du dysfonctionnement européen économique : http://www.lemondeenchantier.com/forum/ ... 018#p15018

...Ca parle de la Grèce, bien évidemment, puisqu'on en est là. Mais ça s'adresse aussi aux autres pays du sud qui, s'ils ne pratiquent pas tous le régime crétois, n'en connaissent pas moins le mode de vie méditerranéen. ;)

Pas mal Woody Allen... ;)
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Re: "Plan d'aide" à la Grèce, Méchante Madame avait bien cho

Message par madame Adonis » lun. 07 nov. 2011, 10:57

voili, voilou, quelques heures après les grecs sont rentrés dans le rang comme de bons petits soldats :hi: ils se sont souvenus de l'époque des colonnels et aussi qu'ils étaient le dernier bastion européen avant l'iconnu géopolitique :punch: ils doivent aussi avoir reçu pas mal de coups de fil d'un peu partout et surtout de leurs voyantes préférées qui leur ont expliqué ce que sera leur avenir avec ou sans les européens :cry:

donc suite au prochain numéro :hi:

« Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » (Kenneth Boulding)

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