Pour ou contre l'Emploi, de JohnLeRond dans lesechos.fr

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Pour ou contre l'Emploi, de JohnLeRond dans lesechos.fr

Message par Técé » mar. 13 sept. 2011, 10:14

JohnLeRond publie dans lesechos.fr cet article :
personne ne se préoccupe vraiment de l’emploi ni surtout des employeurs.

Certes, il est facile de diminuer artificiellement le chômage en créant de faux emplois qui ne produisent aucune richesse. Il suffit par exemple d’instituer une nouvelle taxe pour les sociétés, destinée à indemniser les chômeurs, bien compliquée à calculer, qui nécessitera d’embaucher dans chaque entreprise quelqu’un à plein temps pour remplir le bordereau Cerfa n° 473B6522608-Z modifié ainsi que son annexe B ou C suivant la taille de l’entreprise et l’âge du capitaine, et en face d’embaucher un bataillon de fonctionnaires pour dépouiller les formulaires, percevoir la taxe, pourchasser les fraudeurs.

Mais cela ne fera que creuser le déficit de la balance commerciale et avec un peu de chance cela tuera quelques PME dont les salariés viendront finalement grossir le nombre des chômeurs.

Tout le monde (enfin presque) admet aujourd’hui que seul le travail productif crée la richesse et que la richesse crée l’emploi. Car même si les services à la personne sont très utiles, ce n’est pas avec eux que l’on peut acheter du pétrole. Imaginez une famille où tout le monde se rendrait gentiment des services mais où personne ne ramènerait de salaire. Elle serait rapidement contrainte à l’emprunt ou à la mendicité. La France est malheureusement dans ce cas aujourd’hui.



Alors comment créer de la richesse. Il faut pour cela transformer une matière brute, que ce soit de l’acier, de la matière grise ou des grains de blé, en y apportant de la valeur ajoutée. Le paysan qui transforme une semence en récolte, l’informaticien qui crée un programme, le carrossier qui transforme une tôle en aile de voiture ou d’avion, tous ceux-là créent de la richesse et de la richesse exportable. Et le lieu où cette richesse se crée c’est l’entreprise et plus précisément l’entreprise industrielle.

La France peut s’enorgueillir d’avoir des grandes entreprises industrielles. Et ces sociétés, fleurons du CAC 40, créent certes des emplois mais surtout en Inde, en Chine, au Maroc ou en Pologne. En France, en dehors d’une tour à la Défense, où embauchent-elles ? Et la richesse créée, qui se traduit par des bénéfices substantiels, est très légitimement distribuée à leurs actionnaires. L’inconvénient c’est que leurs actionnaires sont souvent des retraités de Californie.

A ce sujet, quand le gouvernement cherche désespérément 1% de croissance supplémentaire, on peut lui signaler que les 35 Md€ de dividendes des sociétés du CAC 40 représentent à eux seuls 2% du PIB. Si les actionnaires de nos grands groupes étaient des citoyens français, cet argent serait d’une manière ou d’une autre réinjecté dans l’économie du pays. Et lorsqu’un ex (et peut-être futur) candidat à l’élection présidentielle qui prône l’indépendance nationale, après avoir vilipendé les fonds de pension anglo-saxons, annonce fièrement qu’il ne possède aucune action des sociétés françaises, on a l’exemple flagrant de l’incohérence de nos politiques.

Par parenthèse, si les actionnaires de Moulinex avaient été des fonds de retraite français, ils auraient sans doute réfléchi à deux fois avant de mettre sur le carreau le fils, le gendre ou la nièce de leurs souscripteurs.

Il y a là d’ailleurs un paradoxe étonnant : l’extrême gauche a toujours prôné que l’outil de travail devait appartenir aux travailleurs. Et cela freinerait certainement les délocalisations. Or le PC est un farouche ennemi des fonds de pension qui permettraient justement aux travailleurs d’être propriétaires de leurs entreprises.

Mais revenons à l’emploi. Ce que nous venons de voir nous amène à conclure que les véritables emplois créateurs de richesse se trouvent dans les PME qui fabriquent des produits. Simple comme bonjour. Mais alors pourquoi la France n’a-t-elle que 5 000 entreprises de plus de 250 employés et seulement 30 000 de plus de 50 ? Pourquoi n’y en a-t-il pas plus ?

Depuis les années 70, le dogme des gouvernements a toujours été « l’avenir de la France est dans ses grands groupes ». Cette idée a été reprise avec constance par la droite comme par la gauche. Imaginez un ministre de la santé qui dirait « l’avenir de la France est dans ses vieux ». Résultat, toute la politique économique des gouvernements a tourné depuis bientôt 40 ans autour des sociétés du CAC 40, fossilisées par les protections, les subventions, les règlements, les directives, les crédits, les encadrements. Et malgré les beaux discours rien ou presque n’a été fait pour développer les PME, au contraire. Elles ont été asphyxiées par les charges, privées de crédits par les banques, discréditées par les syndicats. La meilleure preuve c’est que, depuis 30 ans, pratiquement aucune nouvelle société française ne s’est hissée au niveau d’un leader mondial. Les années 50 et 60 ont vu apparaître ou se développer des Bouygues, Club Med, Publicis, L’Oréal, Carrefour et bien d’autres, start-ups à l’époque, portées par des entrepreneurs de génie et maintenant leaders mondiaux reconnus. Depuis les années 70, pour un Sodexho, (entreprise familiale elle aussi) c’est le désert. Les consolidations ont certes fait apparaître AXA ou LVMH mais la France a raté la révolution informatique, celle des télécoms, celle de l’internet. Où sont les Oracle, Nokia, SAP, Google, français, et même en dehors de la technologie, où sont les équivalents de Nike, Gap ou Starbuck. Dire que si Bill Gates avait été français, il aurait aujourd’hui une PME de 50 personnes, c’est une boutade dont la justesse fait sourire … mais jaune.

Alors, puisque les emplois sont dans les PME, pourquoi le monde politique, syndical, médiatique ne se préoccupe-t-il que des 10 000 emplois perdus chez EADS et pas des 100 000 détruits dans les PME par telle ou telle nouvelle réglementation. Car le législateur est plus prompt à légiférer contre un avatar de messieurs Messier, Fauroux ou Zacharias que de se préoccuper des effets de lois inutilement contraignantes sur les entreprises qui ne peuvent pas y échapper.

En effet, lorsqu’une nouvelle contrainte est appliquée aux entreprises, dans 99% des cas cette contrainte augmente leur prix de revient. Immédiatement, les grands groupes la répercutent sur leurs sous traitants qui, eux, soit délocalisent pour échapper à cette contrainte, soit la répercutent à leur tour sur les sous traitants de second rang. Ces PME locales qui ne peuvent pas délocaliser, sont alors contraintes de réduire les salaires, ou simplement de fermer. Résultat, une mesure qui paraissait socialement juste ou économiquement rentable se traduit en bout de chaine par du chômage ou de la baisse de salaires chez les plus faibles.

Nos ministres ont découvert récemment que l’Allemagne avait un tissu de grosses PME de 200 à 500 salariés, qui faisait sa force en particulier à l’exportation. Car à partir de 200 employés, une PME industrielle ne peut plus survivre sans exporter, sinon les cycles économiques la tuent. Tous les chefs d’entreprises ont constaté par exemple qu’en période électorale, l’économie française s’arrêtait. L’administration ne passe plus de commandes, les grands groupes sont dans l’attente, les investisseurs n’investissent plus, et les PME crèvent si elles n’ont pas d’autres marchés que la France pour vivre. Mais pour exporter il faut faire des choses très difficiles comme aller dans un pays étranger et parler une langue étrangère ! Or les patrons de PME en France se sont souvent formés sur le tas et dans leur grande majorité ils ne parlent que les quelques mots d’anglais appris à l’école. Ils sont donc très réticents à se lancer dans cette aventure.

En plus de ce handicap, dès qu’une société grossit elle est « punie ». A chaque étape de sa croissance une nouvelle taxe apparaît, une nouvelle contrainte, et 1% par ci, et 2% par là. Certaines en arrivaient même à éviter de déposer des brevets car cela augmentait démesurément leur taxe professionnelle. Mais l’obstacle principal est le délai de paiement des donneurs d’ordres. Une PME qui n’a pas beaucoup de leviers de négociation est souvent obligée d’attendre trois mois le règlement de ses factures. Plus son chiffre d’affaires augmente, plus son endettement augmente. Les banques ne prêtent aux PME que si le dirigeant donne en caution sa maison, sa voiture, sa femme et ses enfants. Et une société d’affacturage lui prendra la moitié de sa marge nette. Alors il suffit d’un petit incident de parcours pour qu’elle soit obligée de déposer son bilan. Finalement, les PME qui fabriquent des produits se rendent à l’évidence : il vaut mieux arrêter de fabriquer et se reconvertir dans les services de proximité. Là il n’y a pas de crédit fournisseur, pas de matières premières, pas de concurrence asiatique, mais pas non plus d’exportation.

Alors aux politiques qui prêchent le développement des PME je me permettrai donc de proposer cinq mesures simples : rendre illégaux les délais de paiement supérieurs à 45 jours, veiller à protéger les petites entreprises des lois destinées à contraindre les grandes, alléger les charges des PME qui produisent des richesses exportables et améliorer l’enseignement des langues dans toutes les filières scolaires. Pour les mesures compliquées qui touchent aux racines du mal, c'est-à-dire au financement des PME, comme les fonds de retraite ou l’ISF, on en parlera plus tard.
http://lecercle.lesechos.fr/node/35387? ... 912http://
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Message par Técé » mar. 13 sept. 2011, 10:36

Je comprends le coup de gueule de l'auteur, mais le contenu est tout d'abord une aberration économique. Ensuite, il est tout bonnement faux la plupart du temps. Et, par-dessus le marché, l'auteur se contredit au moins 4 fois.

Je vais donc tenter d'y répondre pour qu'on comprenne qu'il est facile de mettre le doigt sur les employés, les chômeurs, les politiques, en geignant dans un magazine.

Ca va être assez long, je le crains...mais c'est surtout les citations, c'est pas moi. ;)
personne ne se préoccupe vraiment de l’emploi ni surtout des employeurs.
Ah bon? N'est-ce pas pourtant les entrepreneurs qui bénéficient de la possibilité de cotiser dans une caisse de retraite spéciale, indépendante et basée sur une capitalisation au lieu de l'innommable répartition? Et qu'en est-il de la taxation des dividendes? Quand une société de quelques dizaines d'employés est en faillite et licencie, qui indemnise les employés, à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d'Euros, et ça après une grève retentissante alors que les ex-patrons ne sont plus concernés?
il est facile de diminuer artificiellement le chômage en créant de faux emplois qui ne produisent aucune richesse. Il suffit par exemple d’instituer une nouvelle taxe pour les sociétés, destinée à indemniser les chômeurs, bien compliquée à calculer, qui nécessitera d’embaucher dans chaque entreprise quelqu’un à plein temps pour remplir le bordereau Cerfa n° 473B6522608-Z modifié ainsi que son annexe B ou C suivant la taille de l’entreprise et l’âge du capitaine, et en face d’embaucher un bataillon de fonctionnaires pour dépouiller les formulaires, percevoir la taxe, pourchasser les fraudeurs.
Ca c'est vrai ça...en plus, c'est marrant... :D :D

...Mais y'a tout le reste... :mrgreen:
Mais cela ne fera que creuser le déficit de la balance commerciale et avec un peu de chance cela tuera quelques PME dont les salariés viendront finalement grossir le nombre des chômeurs.
Ca aussi c'est vrai...mais peu importe ce qu'on fera ce sera le cas:
  • On baisse les salaires? >> baisse de la consommation >> faillite!
  • On augmente les salaires? >> baisse de la concurrentialité >> faillite!
  • On augmente les taxes? >> augmentation des charges >> faillite pour certains!
  • On abaisse les charges? >> il faut plus d'impôts >> baisse du pouvoir d'achat >> faillite!
Tout ceci est une question d'équilibre. Le principe de l'indice NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment, faudra que j'en parle à l'occase, c'est plus ou moins prévu) nous apprend qu'un taux de chômage est nécessaire. Pas assez de chômage, par le passé (les années 70) nous a apporté la crise des années 80 (sous Mitterrand) sous l'effet conjugué de la pression salariale forte (l'employé peut exiger un salaire élevé et le patron est contraint d'accepter, ce qui diminue la rentabilité de l'entreprise et menace donc la place de l'employé) et l'ouvrier qui se sentait fort avec un pouvoir à gauche. Trop de chômage s'apprête à nous apporter la crise de la consommation en raison de la perte du pouvoir d'achat et la baisse de la pression salariale (l'employeur à trop de choix et embauche le moins cher, contribuant à sa perte). Alors, pour maintenir tout ceci debout, il faut savoir faire preuve d'un funambulisme particulièrement pointu. Et plus la pression des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) est forte, suite à l'apprentissage de notre mode de fonctionnement économique et plus il faut être funambule.
seul le travail productif crée la richesse et que la richesse crée l’emploi. Car même si les services à la personne sont très utiles, ce n’est pas avec eux que l’on peut acheter du pétrole. Imaginez une famille où tout le monde se rendrait gentiment des services mais où personne ne ramènerait de salaire. Elle serait rapidement contrainte à l’emprunt ou à la mendicité.
Oui et non. Le tertiaire est bien moins sensible que l'industrie aux aléas du marché. 1% de baisse au CAC40, c'est 100'000 emplois dit-on. Dans la situation actuelle, je ne vois pas bien à quoi ça servirait de produire? ...Il n'y a pas d'acheteurs! Sans compter que les services sont un produit bien plus facilement exportable que l'industrie. Vivendi est No1 mondial de la gestion de l'eau et du traitement des boues d'épuration depuis que le génial et regretté J2M a investi en masse là-dedans. Ce qui a fait de Vivendi une entreprise de services. Auparavant, Vivendi n'était que "La Compagnie Générale des Eaux". Lequel des deux rapporte le plus à la France?
comment créer de la richesse. Il faut pour cela transformer une matière brute, que ce soit de l’acier, de la matière grise ou des grains de blé, en y apportant de la valeur ajoutée. Le paysan qui transforme une semence en récolte, l’informaticien qui crée un programme, le carrossier qui transforme une tôle en aile de voiture ou d’avion, tous ceux-là créent de la richesse et de la richesse exportable. Et le lieu où cette richesse se crée c’est l’entreprise et plus précisément l’entreprise industrielle.
Pour vendre à qui? D'un point de vue agricole, la France a tellement surproduit dans les années 50 que son sol est pollué, maigre. On doit l'enrichir systématiquement pour que quelque chose pousse. Or, l'engrais n'a jamais été aussi cher, parce que rare en raison de l'augmentation du nombre d'acheteurs. De l'acier? La France n'en a pas! Les USA ou la Chine, par exemple, oui. De la matière grise? N'est-ce pas le cas dans le cadre d'Airbus? Où la France à le beau rôle? On avait d'ailleurs déjà pu le voir avec le Concorde et le TGV.

Ensuite, il y a un phénomène caractéristique de la situation. Durant des décennies, les chinois ont racheté les groupes miniers, patiemment. Nous rachetions aux chinois les matières premières dont nous avions besoin. Aujourd'hui, les chinois détiennent plus de 95% des matières premières mondiales...et ils diminuent leurs exportations de 30% chaque année depuis 5 ans. Ils ferment le robinet. Si on est pas content, on a plus qu'à aller produire là où ils nous le demandent.

...C'est de la faute à l'Etat ça? ...Ou de la faute aux actionnaires français qui, soi-disant, préfèrent acheter des actions étrangères plutôt que françaises? Si les actionnaires français avaient acheté un peu plus d'actions étrangères, les choses seraient peut-être différentes, non?
La France peut s’enorgueillir d’avoir des grandes entreprises industrielles.
Faudrait savoir, elle en a ou elle en a pas?
Et ces sociétés, fleurons du CAC 40, créent certes des emplois mais surtout en Inde, en Chine, au Maroc ou en Pologne. En France, en dehors d’une tour à la Défense, où embauchent-elles ?
...Et les produits de ces grands groupes, où sont-ils vendus pour l'essentiel? En produisant à l'étranger, moins cher, la France enrichit l'étranger et parvient ainsi à vendre à l'étranger, devenu riche grâce au grand groupe français et parce qu'il produit moins cher.
Et la richesse créée, qui se traduit par des bénéfices substantiels, est très légitimement distribuée à leurs actionnaires. L’inconvénient c’est que leurs actionnaires sont souvent des retraités de Californie.
N'éxagérons rien! Vivendi distribue 52% de l'eau potable aux USA. Autrement dit, quand 52% des américains boivent un verre d'eau, cela rapporte à un actionnaire français aussi. Cette vision est une vision égocentrique du système, autre phénomène franco-français. Sur ce point-là aussi les américains nous battent : ils ne se croient pas seuls au monde!
A ce sujet, quand le gouvernement cherche désespérément 1% de croissance supplémentaire, on peut lui signaler que les 35 Md€ de dividendes des sociétés du CAC 40 représentent à eux seuls 2% du PIB.
Ben, c'est le cas! On s'inquiète du CAC 40, on parle même des banques qui s'effondrent...le CAC40 a surtout de l'influence en France, et pas à l'étranger. Une fois de plus, une vision égocentrique.
Si les actionnaires de nos grands groupes étaient des citoyens français, cet argent serait d’une manière ou d’une autre réinjecté dans l’économie du pays.
Allez dire aux Bolloré, Bouygues, Hersant, Seillères, Partouche et autres Pinault qu'ils ne sont pas des actionnaires français...mais ne soyez pas surpris d'apprendre qu'ils sont bel et bien français jusqu'au bout des ongles.
Par parenthèse, si les actionnaires de Moulinex avaient été des fonds de retraite français, ils auraient sans doute réfléchi à deux fois avant de mettre sur le carreau le fils, le gendre ou la nièce de leurs souscripteurs.
Accessoirement, ils auraient fait faillite bien plus tôt, parce que si Moulinex ne rapportait plus rien, c'était en raison des salaires trop élevés. Pas de magouille là-dessous. Et si les salariés avaient été propriétaires de la boîte...ben ça aurait été pire. (bien que, il faut le dire, lorsque les salariés sont propriétaires de leur boite, ils sont plus enclins à accepter des baisses de salaires, d'autant que les bénéfices engendrés leurs retombent via les dividendes).
Mais alors pourquoi la France n’a-t-elle que 5 000 entreprises de plus de 250 employés et seulement 30 000 de plus de 50 ? Pourquoi n’y en a-t-il pas plus ?
La question n'est pas d'ordre social mais sociétal. C'est parce que le premier employeur de France, c'est l'artisanat. Le français est un démerdard, un débrouillard, un dépatouillard. Il ne faut pas le confondre avec l'allemand, qui est un mouton à la créativité d'une moule cuite. Le français gueule, le français vibre, le français est libre. Il veut des radars, mais si on lui en met trop, il râle, si on ne l'entend pas, il descend dans la rue, si on ne l'entend pas, il les détruit...si on ne l'entend pas, il entre en guerre!
Depuis les années 70, le dogme des gouvernements a toujours été « l’avenir de la France est dans ses grands groupes ».
Une source peut-être? En verité, dans le monde entier la France est connue pour être un modèle de luxe, de volupté, de savoir-vivre, de liberté, de glandouille...jamais je n'ai entendu parler de ce précepte. Tout au contraire, les grands groupes sont une épine dans le pied des nations, parce qu'à partir d'une certaine taille, ce sont les capitaines d'industrie qui font la loi, par la menace sous-jacente de chômage de masse.
malgré les beaux discours rien ou presque n’a été fait pour développer les PME,
C'est vrai, mais bon, il existe quand même l'ACCRE, ADIE, capital de 1€, statut d'autoentrepreneur, microentreprise, etc...

Le problème est que dans un pays où les employés estiment tous que tout est fait pour l'entreprise et rien pour eux alors qu'étant en démocratie, on est élu par tout le monde, on ne fait pas ce qu'on veut!
au contraire. Elles ont été asphyxiées par les charges,
Je n'en paie pas, personnellement. :mrgreen:
privées de crédits par les banques,
Rien à voir, question de mentalité, de frilosité. C'est aux entrepreneurs de mettre en place les systèmes de financement. Aux USA ou en Allemagne, ce n'est pas auprès des banques qu'on trouve du financement, mais auprès des particuliers. Le rôle des banques n'est pas le financement des entreprises, mais leur développement. En 2010 il y a quand même eu plus de 200 milliards d'Euros investis par les banques en France dans le développement des entreprises.
discréditées par les syndicats.
Ah bon? Il me semble pourtant que les grandes grèves se produisent dans les grands groupes? Sans compter qu'il faut voir les syndicats qui existent ailleurs, que ce soit aux USA ou en Allemagne.

L'erreur de la France a été d'institutionnaliser les syndicats en en faisant un contre-pouvoir économique.
La meilleure preuve c’est que, depuis 30 ans, pratiquement aucune nouvelle société française ne s’est hissée au niveau d’un leader mondial.
Comme je l'ai dit plus haut, la France est leader mondial de la gestion de l'eau. Du traitement des boues d'épuration. De l'avionique, avec Airbus. Du train, avec le TGV. Des travaux publics, avec Vinci. No2 mondial de la distribution de détail, derrière Wal-Mart, qui est une boîte POURRIE, avec Carrefour, qui est déjà beaucoup moins immorale. Etc...etc...etc...j'en oublie certainement.
Les années 50 et 60 ont vu apparaître ou se développer des Bouygues, Club Med, Publicis, L’Oréal, Carrefour et bien d’autres, start-ups à l’époque, portées par des entrepreneurs de génie et maintenant leaders mondiaux reconnus.
Dans le monde entier c'était le cas. A cette époque, tout était facile. Il fallait bâtir les autoroutes, les immeubles, le monde n'avait que moins de 4 milliards d'habitants, les appartements parisiens étaient tellement grands qu'on a pu les diviser en trois, parfois en quatre, sinon en cinq plus petits. Les contraintes de gestion étaient faibles. On pouvait entasser nos déchets dans des décharges. L'endettement souverain était minimal. Le moral au beau fixe. Tout était possible. Aujourd'hui le monde vit dans un carcan. Rien à voir avec la mauvaise volonté économique.
Depuis les années 70, pour un Sodexho, (entreprise familiale elle aussi) c’est le désert.
Sodhexo devrait figurer dans ma liste plus haut. L'entreprise est aujourd'hui leader mondial dans plusieurs secteurs. Et elle ne cesse de grandir. Ceci est donc faux.
Les consolidations ont certes fait apparaître AXA ou LVMH
Ah? Tiens, je croyais que c'était le désert depuis les années 70? AXA est No1 européen de l'assurance, No1 mondial de l'assurance au particulier. LVMH est également dans le peloton de tête du luxe, sinon au sommet.
la France a raté la révolution informatique, celle des télécoms, celle de l’internet.
Ah bon? Parce que les télécoms, c'est où qu'ils sont bons alors? Aux USA? Laissez-moi rire...
Où sont les Oracle, Nokia, SAP, Google, français,
Oracle? ...Qui, pour se sauver de la faillite lâche du lest à tout va pour racheter des produits libres? Nokia? En faillite et qui compte sur son partenariat avec MS et WP7 pour se sauver? ...Même google n'arrête pas de se restructurer et se diversifier pour se maintenir. Les jours de Facebook sont comptés. Exalead est franco-français et un bien meilleur moteur. Que dire de concepts comme Doomiz? Pas parfait peut-être, mais les français produisent quantité de réseaux sociaux. De là à penser qu'il y aura regroupement un jour, il n'y a qu'un pas. Pour Facebook et Google, c'était facile : ils étaient les premiers. Aujourd'hui, il y a de la concurrence partout.
où sont les équivalents de Nike, Gap ou Starbuck.
Adidas, tu connais? ...Et LVMH ou l'Oreal?
Dire que si Bill Gates avait été français, il aurait aujourd’hui une PME de 50 personnes, c’est une boutade dont la justesse fait sourire … mais jaune.
Ah bon? LVMH, Adidas, ou l'Oreal sont des sociétés de 50 personnes? Et Vivendi alors? ...Mauvaise foi égocentrique donc...
Alors, puisque les emplois sont dans les PME, pourquoi le monde politique, syndical, médiatique ne se préoccupe-t-il que des 10 000 emplois perdus chez EADS et pas des 100 000 détruits dans les PME par telle ou telle nouvelle réglementation.
C'est simple : parce que ce n'est pas le cas, tout simplement. Si il y a 10'000 emplois perdus chez EADS, c'est que toute l'industrie souffre. On ne peut pas mettre dans la balance EADS et les PME. On met tous les groupes et les PME, et là on s'aperçoit que s'il y a 100'000 emplois perdus dans les PME, c'est qu'il y en a 500'000 perdus dans les groupes.
En effet, lorsqu’une nouvelle contrainte est appliquée aux entreprises, dans 99% des cas cette contrainte augmente leur prix de revient. Immédiatement, les grands groupes la répercutent sur leurs sous traitants qui, eux, soit délocalisent pour échapper à cette contrainte, soit la répercutent à leur tour sur les sous traitants de second rang. Ces PME locales qui ne peuvent pas délocaliser, sont alors contraintes de réduire les salaires, ou simplement de fermer. Résultat, une mesure qui paraissait socialement juste ou économiquement rentable se traduit en bout de chaine par du chômage ou de la baisse de salaires chez les plus faibles.
Parce que de ne pas taxer et augmenter les impôts serait mieux pour l'économie? J'en ai déjà parlé plus haut, je n'y reviendrai pas.

Nos ministres ont découvert récemment que l’Allemagne avait un tissu de grosses PME de 200 à 500 salariés, qui faisait sa force en particulier à l’exportation.
Oui, et sa faiblesse. Parce que si l'Allemagne marche aujourd'hui, c'est parce qu'elle vend. Mais la situation va s'inverser. L'Allemagne a toujours eu un mauvais système économique qu'elle a pu faire marcher grâce au fait que les allemands supportent les baisses de salaires, les contraintes, travaillent.

Entre autres choses, si l'Allemagne est No1 industriel en Europe en ce moment, c'est aussi en raison d'artifices, comme l'abandon du nucléaire par exemple. L'Allemagne s'est ainsi faite fabricant de panneaux photovoltaïques. Ce qui ne va bien évidemment pas durer.
Car à partir de 200 employés, une PME industrielle ne peut plus survivre sans exporter, sinon les cycles économiques la tuent.
Ah bon? Je crois que je vais m'épargner la liste des PME de plus de 200 employés qui n'exportent pas, ne serait-ce que dans le bâtiment.
Tous les chefs d’entreprises ont constaté par exemple qu’en période électorale, l’économie française s’arrêtait.
Ah bon? Pourtant il me semble qu'il y a surenchère à but électoral de tout. C'est le moment ou jamais. D'ailleurs, en cette période, on est aussi plus libres, parce qu'il y a d'autres choses à penser.
L’administration ne passe plus de commandes,
??? Ah bon? Plus de sécu? Plus d'administration? On imprime plus?
les grands groupes sont dans l’attente,
??? De quoi? Qu'il pleuve? xDD
les investisseurs n’investissent plus,
Ah? Donc en d'autres temps ils investissent? Vous dites le contraire plus haut, faudrait savoir!
et les PME crèvent si elles n’ont pas d’autres marchés que la France pour vivre.
Ah bon? Pourtant vous commencez votre speech par dire qu'il faudrait recentrer la production sur la France. Sur quelles bases une entreprise franco-française qui travaille en France pourrait-elle prétendre à d'autres marchés?
Mais pour exporter il faut faire des choses très difficiles comme aller dans un pays étranger et parler une langue étrangère ! Or les patrons de PME en France se sont souvent formés sur le tas et dans leur grande majorité ils ne parlent que les quelques mots d’anglais appris à l’école. Ils sont donc très réticents à se lancer dans cette aventure.
Pour exporter, il faut surtout d'abord délocaliser. Si on ne délocalise pas, on enrichit pas l'étranger qui n'a pas les moyens d'acheter ce que nous produisons. L'exemple actuel le plus criant est Renault. Si nous avions acheté français au lieu de chinois, les chinois seraient pauvres aujourd'hui et ne seraient pas le 30% du marché de Renault comme aujourd'hui. Ensuite, si les Renault vendues en Chine étaient produites en France au lieu de Slovénie, elles seraient trop chères et les chinois ne les achèteraient pas. Et, pour info, le plus gros actionnaire de Renault, c'est encore et toujours l'Etat français.
dès qu’une société grossit elle est « punie ». A chaque étape de sa croissance une nouvelle taxe apparaît, une nouvelle contrainte, et 1% par ci, et 2% par là.
Oui, et des réductions en échange d'embauche d'handicapés. Des avantages fiscaux en échange de l'installation en zone défavorisée. Et des cadeaux fiscaux en l'échange de l'engagement d'embaucher sur une période de X. Et des aides financières des régions ou des département en cas de problèmes passagers, etc...etc...etc..liste non exhaustive.
Certaines en arrivaient même à éviter de déposer des brevets car cela augmentait démesurément leur taxe professionnelle.
Ouais, et la taxe professionnelle a disparu. Mais, pour info, pour déposer un brevet, les sociétés offshore, ça existe.
Mais l’obstacle principal est le délai de paiement des donneurs d’ordres. Une PME qui n’a pas beaucoup de leviers de négociation est souvent obligée d’attendre trois mois le règlement de ses factures.
90 jours est un délai standard en B2B, dans le monde entier. Dans le social et le médical où c'est l'Etat qui paie, les délais peuvent atteindre 2 ans.
Plus son chiffre d’affaires augmente, plus son endettement augmente.
Ah? Problème de gestion ça! L'endettement n'a rien à voir avec la taille. Un tel va estimer qu'il doit emprunter, un tel autre va vendre des parts, un autre encore va décider de réaliser du capital ou d'attendre...
Les banques ne prêtent aux PME que si le dirigeant donne en caution sa maison, sa voiture, sa femme et ses enfants.
Oui, mais il ne faut pas non plus aller voir les banques...encore une fois, question de mentalité.
Et une société d’affacturage lui prendra la moitié de sa marge nette.
Ben voyons...alors pourquoi ne pas créer son propre contentieux dans ce cas?
Alors il suffit d’un petit incident de parcours pour qu’elle soit obligée de déposer son bilan.
Ah? Et il faudrait faire quoi? La mettre à une sorte de RSA?
rendre illégaux les délais de paiement supérieurs à 45 jours,
Donc mettre en situation de péril les donneurs d'ordres, donc ne plus avoir d'acheteurs que ceux qui ont les moyens...et donc qui décideront des prix ou vous irez vous faire pendre et ils achèteront ailleurs...
Veiller à protéger les petites entreprises des lois destinées à contraindre les grandes,
Si un patron est assez con pour associer son avenir à un gros client, c'est son problème. C'est un mauvais gestionnaire. Et la France n'a pas besoin de patrons soutenus, elle a besoin de patrons gestionnaires.
Alléger les charges des PME qui produisent des richesses exportables
...Et ainsi augmenter les charges et impôts de tout le reste de sorte à ce que la France ne soit plus concurrentielle. Je rappelle qu'un produit français doit aussi être plus cher. Il y va de la réputation de sa qualité. L'Italie a produit meilleur marché que la France, mais la qualité italienne, on connaît!

Sans compter que...qui juge de cet état de fait? Exemple concret : en Californie, pour avoir le droit de vendre des voitures il faut également vendre des véhicules fonctionnant autrement qu'avec du pétrole. Alors Honda a développé des voitures électriques...mais Peugeot a fabriqué des vélos...
Améliorer l’enseignement des langues dans toutes les filières scolaires.
C'est en cours (sans jeu de mot)
Pour les mesures compliquées qui touchent aux racines du mal, c'est-à-dire au financement des PME, comme les fonds de retraite ou l’ISF, on en parlera plus tard.
Ca vaut mieux je crois, oui... ;)
Appropriez-vous la signature du Monde en Chantier
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Le bon sens, c'est la direction que l'on prend si elle va là où on veut aller.
L'amitié entre les peuples concerne les peuples, l'amitié entre les Etats concerne leurs victimes.

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