""Et si l'arbre brûle reste la cendre et la lumière,
Dans le désert les cactus prennent racine.
Si les sources se sont taries il pleuvra à nouveau
le jeune fils reviendra
à la maison abandonnée.
Sous la neige épaisse les graines veillent
A la frontière de la cour le vent mauvais s'épuise.
Et si nous sommes restés nus et entourés de loups
notre décision de nous battre reste intacte."
Chanson sur le texte de Dimitris Mortoyas, poète exilé, né en 1934 et mort en 1975 à Londres.
Angélique Ionatos écrit aussi ceci en parlant de Dimitris Mortoyas :
"En 1978 j'avais déjà mis en musique deux autres de ses poèmes: "I Palami sou" (" La paume de ta main") et "Les prestidigitateurs" où il disait que ces derniers ne nous amusent pas. Ils nous gouvernent!
Je trouve nécessaire de publier ici la dernière lettre qu'il a écrit à l'un de ses amis un an avant sa mort, c'est-à-dire en 1974:
" (...) Mon dernier espoir je le mise sur la grande crise dont les signes avant-coureurs se dessinent clairement. Les métropoles industrialisées se rempliront de chômeurs, l'amour de la liberté se figera, les classes moyennes deviendront de plus en plus fascisantes et dans la plupart des pays les gardiens de l'orthodoxie recommanderont le bon sens et la prudence.
Ils s'étonneront que le système soit dévoré de contradictions.
Quant à moi, je risquerai de mourir de faim. Mais cette éventualité ne m'inquiète pas outre mesure.
Après tout ne suis-je pas arrivé jusqu'ici en ayant faim de tout?..."
I palamisou
Je Palami Sou
Της νύχτας το τραγούδι θυμάμαι
La chanson de nuit je me rapelle
του φόβου την ανάσα θυμάμαι
L' haleine de le peur je me rapelle
τα μάτια που βουλιάζαν θυμάμαι
Les yeux qui crevaient je me rapelle
Τα χέρια σου που πέφταν θυμάμαι
Tes mains qui tombaient, je me rapelle
σαν άχρηστες σημαίες, θυμάμαι
Comme un drapeau futile je me rapelle
του ήλιου το σκοτάδι θυμάμαι
Le noir du soleil, je me rapelle
Το άσπρο το πουκάμισο θυμάμαι
Ta chemise blanche je me rapelle
την κόκκινη κηλίδα θυμάμαι
La tache rouge je me rapelle
και το σφυγμό των Άστρων φοβάμαι
La pulsation des astres je crains
Το γιασεμί στο πέτο θυμάμαι
Le jasmine, je me rapelle
μια μέρα του Νοέμβρη, θυμάμαι
Un jour de Novembre, je me rapelle
την άχρηστη θυσία θυμάμαι
Le sacrifice futile, je me rappelle.
https://www.babelio.com/auteur/Georges-Seferis/77020