" L'odeur des origines monte
Avec lenteur de la terre écorchée,
Elle est dans l'obscur charnier des tourbières,
La rouille rose des lichens
Et le feu mauve des bruyères,
Elle est dans la douce écorce des bouleaux,
La constellation de leur feuillage
Bruissant de frissons prophétiques.
Les falaises de tourbe, les pins fracturés,
Semblables aux gibets du souvenir,
Parlent un vieux langage végétal
Parmi la verdure de mousse et de myrtilles.
Le sang violacé des racines coule
Dans le sillage étincelant des genêts
Et la benoîte, le long des marécages,
S'empourpre au miroir du crépuscule.
L'arbrisseau surprend à travers ses meurtrissures
Le vent lointain de la Divinité.
Silencieuse auprès des premiers gouffres
Du soir, la forêt soudainement s'élève
Comme un vaisseau gigantesque
Surgi de la mer orageuse des légendes. "
Marc Eigeldinger, Les Chemins du Soleil La Baconnière, 1971
le bleu et le rouge dans le vert du bois des lattes

Tu ne sais d’où vient ce chemin
Qui ne te mène nulle part.
Mais que t’importe, il était plein de charmes,
De femmes, de miracles, de désirs de liberté,
Tu as vu, comme un cheval qui aurait été tué sous un ange,
L’ange s’en fut à pied, sur le chemin de l’oubli de soi,
ce n’est qu’après que tu as connu la douleur de l’ homme,
Et celle aussi de Dieu, qui recherche aussi le bonheur,
Dieu, cet amant malheureux…
Vladimir Holan dans « Douleur*, chez metropolis

"Quand une larme roule c’est un cœur que l’on blesse
Comme le jus d’une orange sort du fruit que l’on presse
Dans une goutte d’eau on y peut voir le monde
Le monde est suspendu à ces larmes qui fondent "Alain

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. Baudelaire, Les fleurs du mal IV
Je cherche un coin pour une de mes musiques préférées et je crois qu'elle ira très bien collée ici en bas dans un fil nature et cie
https://www.yapaslefeuaulac.ch/balade-a ... en-suisse/
Le concierto de Aranjuez:
https://www.youtube.com/watch?v=KzEFQW9CXGc
https://www.youtube.com/watch?v=ekznnxaGzNU
tout le concerto :
https://www.bing.com/videos/search?q=Yo ... &FORM=VIRE









