Bon, ben ça y est, Copain est mort ce matin, 9h45! C'est un très sale coup! ...Les mots me manquent pour exprimer mon immense chagrin.
Copain m'a offert 12 merveilleuses années.
Je vivais dans une propriété de 9 hectares à cheval sur deux communes aux noms poétiques : Labarthe-Inard et Pointis-Inard, à 10 km de Saint-Gaudens, sur la route de Lourdes. La propriété, une usine de PQ désaffectée, s'appelait "Le Moulin du Vicomte", en raison de l'âge des vénérables bâtiments, qui dataient du XIIème siècle. Par la suite, petit-à-petit, la surface construite a été augmentée. La Garonne avait été déviée autour des bâtiments pour pouvoir utiliser l'énergie, d'abord avec des roues à aubes puis, lors de sa conversion en industrie de recyclage de papier au cours du XXème siècle, par des turbines horizontales dont on récupérait soit l'énergie directement, soit pour produire de l'électricité.
C'est dans cette dérivation de la Garonne, une magnifique journée de novembre 98 que j'ai trouvé deux chiens dans l'eau : Copain et sa copie conforme en un peu plus petit, sa petite soeur. Copain pêchait pour nourrir sa petite soeur. Zorro, mon autre chien, qui lui va toujours très bien malgré sa tumeur, avait alors un an.
Le premier jour, ils se sont enfuis. Le deuxième jour, ils m'ont observé sur le chemin qui allait du pont à la maison mais n'ont mangé la gamelle que je leur avais préparé qu'après que je me soie éloigné. Le troisième jour, Copain était tout seul, sa petite soeur avait disparu. J'avais préparé une nouvelle gamelle à son intention. Il l'a mangée en ma présence, mais quand j'approchais de trop, il reculait, alors je reculais et il revenait. J'ai joué à ce petit jeu jusqu'à qu'il soit à limite de portée. Je lui ai alors sauté dessus, attrapé par la peau du dos et je l'ai lancé dans la maison puis j'ai fermé la porte.
Je l'ai pris avec moi, dans ma chambre, à l'étage et je ne l'ai pas laissé sortir durant 3 semaines. Durant 3 semaines, j'ai ramassé ses crottes, sa pisse, puis, une nuit, subrepticement, il s'est permis de monter dans mon lit. Pour ne pas le heurter, j'ai fait semblant de rien. Le caresser eut été avaliser la situation et l'engueuler faire un retour en arrière...alors j'ai continué à dormir.
Le lendemain matin, je lui ai mis un collier et je suis allé faire 2km à pied avec lui pour lui apprendre à marcher au pied, très durement. Il me regardait d'un air disant : "dis donc, je ne savais pas que tu pouvais être si méchant"!
...Puis la confiance s'est très vite installée.
A ce moment-là, je n'avais pas les moyens d'entretenir deux chiens, alors je me suis dis qu'il fallait que je l'abandonne à la SPA, magnifique comme il l'était, il aurait très vite trouvé un adoptant. Arrivé à la SPA, une espèce d'hystérique m'a presque sauté dessus en hurlant : "c'est le même, c'est le même"! En effet, sa petite soeur était là. la SPA l'avait capturé depuis un peu plus de 3 semaines, c'est pour ça que Copain était réapparu tout seul.
La SPA a refusé de me le prendre. La directrice du refuge m'a dit : "regardez, il vous aime déjà, c'est votre compagnon. Nous on en a 69, on ne sait pas qu'en faire, alors on va faire une campagne d'adoption...puis on va euthanasier ceux qui restent, pour vider le refuge. Alors gardez-le, on vous aidera pour le tatouage, la nourriture, on va vous donner des combines, des adresses"....alors je l'ai gardé et la SPA a tenu parole. J'ai eu le tatouage et la vaccination pour ainsi dire rien. J'ai appris où trouver des sacs de viande de 60 litres pour 10 francs français. Ils ont dit partout que j'avais ce chien et des gens que je ne connaissais pas sont venus spontanément m'amener de la nourriture...
Durant 2 ans, lorsqu'il posait sa pêche, il hurlait presque à la mort, tant que c'en était déchirant. Il s'était bien sûr empoisonné en cherchant de quoi nourrir sa soeur.
Durant les 10 années suivantes, il était là où je me trouvais, avec Zorro. Où on me refusait avec mes chiens...je n'allais pas. IL a commis quelques bêtises, j'ai eu dû aller le rechercher à la fourrière. Il a fait portante une magnifique chienne Rottweiler de concours qu'il a fallu faire avorter à la première semaine. Il a mordu un facteur, qu'il connaissait pourtant bien...il a mené une belle vie de chien quoi! Peu de temps après l'avoir trouvé, je suis allé m'occuper d'un domaine de 160h au sud de Toulouse, le domaine d'un pote...je vous dis pas le paradis pour les toutous...
Puis j'ai déménagé au Grau d'Agde, dans un 2 pièces à 300m de la plage. Qu'est-ce qu'il en aura fait caca sur cette plage...de retour en Suisse, il a, entre autres, fait connaissance avec le merveilleux Azzaro, ce chien fantastique sur lequel le SCAV a jeté son dévolu dans son iniquité absolue....
Quel merveilleux compagnon il aura été...
Merci mon Copain pour ces 12 merveilleuses années. Tu me manques déjà, plus qu'hier alors que tu étais malade...mais moins que demain quand j'aurai vraiment réalisé que tu ne seras plus jamais là.
C'est bien plus qu'une page qui se tourne, c'est un gros chapitre. Le chapitre le plus symbolique de mon livre de vie : celui qui a fait que j'ai changé de vie...Je suis...anéanti!
